Baisse européenne des rejets de CO2 : réalité ou utopie ? C'est la récente parution du rapport du C onseil d'Analyse Stratégique , (CAS), qui remet en cause la volonté politique des Etats européens en matière de réductions d'émissions de CO2. Pour certains observateurs, alors qu'une division par quatre d'ici 2050 est désormais inscrite dans la loi de programmation votée en 2005 par la France, les efforts des pays européens en la matière sont loin d'être identiques. |
Ainsi, la France rejette moins de CO2 que ses voisins, et ce sont les Allemands qui semblent avoir le plus d'efforts à faire pour permettre à l'Europe d'afficher d'ici quelques années, une moyenne raisonnable. « L'Allemagne est le plus gros pollueur, et il faudrait qu'elle divise par six ses émissions, alors que la France pousse l'Europe à adopter le Facteur 4 », indiquait Jean Syrota, le président de la commission énergie du CAS, pour qui seule est plausible une réduction tournant autour de 2 . C'est sur la question de l'énergie au sens large que la France est à la traîne. 300 000 logements dans l'Hexagone auraient besoin d'être isolés, soit dix fois plus qu'aujourd'hui. Le rapport préconise donc une harmonisation de la politique européenne sur la question des transports, avec par exemple une hausse des taxes sur les carburants ou encore la réapparition d'une vignette dont le coût serait calculé en fonction du degré de pollution du véhicule. On parle aussi de l'harmonisation des vitesses autorisées sur l'ensemble des autoroutes de la Communauté pour consommer moins, (il n'y a pas de limitation de vitesse sur les autoroutes allemandes * ). Ce sont bel et bien les engagements de la France à l'horizon 2050 qui sont remis en cause dans ce rapport, et ce, à deux semaines des conclusions des négociations du Grenelle de l'environnement. La barre est haute... Quant à l'avancée des études technologiques pour tenter de trouver des solutions, la route est encore longue. C'est le cas pour la pile à hydrogène pour les transports, une pile qui selon spécialistes pourrait être économiquement viable dans plusieurs décennies. |

« Aujourd'hui une voiture pouvant fonctionner avec une pile à combustible, sans avoir recours à l'essence, coûterait autour d'un million d'euros », explique Thierry Alleau, le Président de l'Association française de l'hydrogène. De fait, le Pétrole reste à ce jour la solution la moins chère en terme de coût pour l'usager au kilomètre… Dans tous les cas, les progrès techniques et technologiques se traduisant immanquablement à l'avenir par une hausse du prix de l'énergie, restent la piste à suivre pour devenir écologiquement responsable. Il y a les faits et puis les actes. L'avenir de la Planète passe aussi et peut être avant tout par un changement radical de nos comportements, et là, l'échéance n'est pas 2050… L'objectif de réduire par quatre les émissions de CO2 en Europe reste peut être une utopie, mais, même si les résultats ne seront pas ceux que l'ont est en droit d'attendre, l'effort réalisé par l'Union européenne ne sera jamais un coup d'épée dans l'eau. Un tiens ne vaut-il toujours pas mieux que deux tu l'auras ? Fabrice Hubert Environnement et Economie pour Fréquence Terre *NDLR Sources : AP, (10.10.2007) Nouvel Obs Le Monde, (M.A,11.10.2007)
fabrice, pour la Rédaction. |