
Plus vulnérables que les oiseaux, autant que les mammifères mais moins que les amphibiens et les coraux : les plantes sont elles aussi victimes de disparitions chroniques. Il semble bien que l'homme soit responsable de l'hécatombe annoncée qui pourrait conduire à la disparition d'une plante sur 5.
L'étude à l'origine de cette sentence, a duré 5 ans et a porté sur l'analyse de 4 000 des 380 000 plantes actuellement répertoriées dans le monde. Résultat : sur les 4 000 plantes étudiées, près d'un quart sont menacées, et 4 % sont en danger critique.
Ce constat daté dans le temps fera l'objet de nouvelles évaluations à intervalles réguliers et permettra de surveiller l'état de conservation des plantes. Elles permettront également de recenser les espèces les plus vulnérables et les endroits où des mesures de conservation doivent être prises sans délai.
Au jour d'aujourd'hui, la famille de végétaux la plus menacée est celle des conifères. Le milieu le plus dégradé quant à lui, est celui, de la forêt tropicale en proie à une déforestation systématique.
Agriculture, élevage, déforestation et urbanisation constituent les principales causes de cette disparition des plantes. Pourtant leur valeur est inestimable, elles jouent un rôle essentiel dans l'écosystème. Air, eau, énergie, médicaments, adaptation au changement climatique : les plantes interviennent indirectement sur tous ces aspects.
La Liste rouge des plantes menacées sera présentée le mois prochain lors du Sommet des Nations unies sur la biodiversité. Ce sera alors le moment décisif pour adopter des objectifs ambitieux pour 2020 et tenter d'empêcher l'extinction des espèces les plus menacées en sachant que l'Objectif fixé pour 2010 a déjà partiellement échoué !
En France, la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, a débouché sur un arrêté, constitué de deux annexes. La première interdit la destruction, le colportage, la commercialisation, et l'utilisation de certaines espèces. L'annexe II n'interdit que la destruction, tandis que le ramassage, la récolte, l'utilisation ou le transport sont soumis à autorisation ministérielle.
Les Conservatoires botaniques nationaux sont également actifs dans les actions de protection de la flore. Attachés à répertorier les lieux ou les espèces sont menacées, ils tentent également de les conserver en préservant leur habitat et sensibilisent le public au respect du patrimoine végétal.
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.