COCCINELLES ASIATIQUES

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L'INVASION DES COCCINELLES ASIATIQUES

PLANETE ANIMALE
Chronique du 17-11-2011

Par Marine Revenusso
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LA CHRONIQUE
L'INVASION DES COCCINELLES ASIATIQUES
Harmonia axyridis, tel est le nom de la coccinelle originaire du Sud-Est de l'Asie. Importée volontairement par l'INRA en 1982 afin d'être utilisée dans la lutte biologique, cette super-coccinelle est en passe d'éradiquer toutes les coccinelles indigènes. Très faciles à élever, avec un taux de fécondité très haut, elles se nourrissent exclusivement de pucerons et autres petits insectes au corps mou. Elles peuvent vivre dans des milieux et des climats assez variés, et résistent très bien au froid. Ce sont toutes ces raisons qui ont poussé agriculteurs, horticulteurs et particuliers à la préférer à la coccinelle adalia plus difficile à nourrir et un peu moins féconde. Elles ont une grande variabilité dans les couleurs, et sont difficiles à identifier pour un néophyte.
Mais pourquoi menacent-elles les autres coccinelles ? D'abord parce qu'elles entrent en compétition directe pour leur habitat et leur nourriture avec les espèces autochtones, mais en plus elles se nourrissent des larves des autres coccinelles.
Elle se répand très vite dans la nature. Les résultats sont effrayants, au Canada par exemple, 60% des coccinelles proviennent de coccinelles importées. Mais les inconvénients ne s'arrêtent pas là. Pour passer l'hiver tranquillement, les coccinelles asiatiques entrent et squattent les maisons. Elles s'agrègent par centaines, voire par milliers d'individus. Si elles ne présentent aucune toxicité pour l'homme excepté quelques rares cas d'allergie, par contre, elles dispensent autour d'elles une substance jaune à l'odeur épouvantable, lorsqu'elles se sentent en danger.
Cette espèce prédatrice, pose aussi un autre problème. En automne, ne trouvant plus assez de nourriture, elle s'attaque aux fruits, mais à sa décharge, elle ne mangerait que des fruits déjà abîmés, pour le moment tout au moins. Le plus ennuyeux c'est qu'elles mettent à leur menu, les coccinelles indigènes, leurs œufs et leurs larves.
Aux Etats-Unis, les toxines qu'elles dégagent ont complètement gâché le goût du vin qui ne peut plus être commercialisé. Très bien adaptée, son implantation en Europe est désormais inéluctable, car elle n'a ni prédateur, ni parasite.
Pourquoi cette coccinelle a-t-elle ce comportement ? On lui a découvert de nombreuses sous-espèces et certaines ont fait l'objet d'un élevage sélectif, afin de produire des individus particulièrement voraces. Mais voilà, l'espèce sélectionnée est tellement goulue que les individus sont devenus très agressifs envers d'autres insectes, y compris les coccinelles sauvages.
Alors bien sûr, l'INRA tente de rassurer les gens en expliquant qu'ils ont sélectionné une souche non volante parmi les populations naturelles et que ne pouvant pas voler, elles ne présenteraient un grand danger pour leurs consœurs indigènes. Nous devons quand même mettre un bémol, car la menace et toujours présente. Bien que non volante, elle sévit in situ et s'attaquent aux larves des coccinelles.
Il faut s'interroger aussi sur bien des points. D'abord, les scientifiques ont-ils le droit de jouer aux apprentis-sorciers, en introduisant des espèces dont ils ignorent tout, et de surcroît de les sélectionner sur certains critères, pouvant mettre en danger les populations locales. Ensuite, ces animaux envahissent des pays qui n'ont rien demandé. Ce problème d'ordre politique mériterait d'être soulevé. Ensuite, les détracteurs ne manqueront pas d'évoquer les dérives de la lutte biologique. Elle risque d'être une fois de plus discréditée.
Encore une fois, il est navrant de constater que tout l'écosystème est mis en péril voire détruit par les activités humaines, et l'irresponsabilité de quelques scientifiques décideurs. Si vous achetez des coccinelles demandez bien l'espèce qui est en vente, et préférez celles qui sont indigènes comme l'adalia par exemple.







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                Marine Revenusso, pour la Rédaction.



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