
Des dizaines de milliers de personnes, voire des centaines, pourraient avoir trouvé la mort à Haïti. C'est le terrible bilan, provisoire, du tremblement de terre de ce mardi 12 janvier. Des millions de sans abris attendent maintenant d'être secourues.
Les infrastructures du pays sont réduites à néant, les services de santé sont démunis, et le gouvernement haïtien, fortement décimé, est désorganisé par le séisme. Depuis mardi, les gouvernements et organisations humanitaires du monde entier envoient des équipes de sauveteurs sur place, pour déblayer, sortir les victimes des décombres, prendre en charge les soins d'urgence, tenter de remettre en ordre les infrastructures de première nécessité, et apporter des vivres.
Mais l'un des besoins les plus urgents reste l'approvisionnement en eau potable. Haïti devait déjà faire face à une pauvreté endémique, à une urbanisation anarchique et à de lourdes carences structurelles dans le domaine de l'accès à l'eau et l'assainissement. Depuis 20 ans, les conditions de vie en Haïti se sont fortement dégradées. Selon
l'UNICEF, seul 55% des ménages ont un accès à l'eau et plus de 70% des familles ont des toilettes rudimentaires ou n'ont pas de toilettes du tout. Chaque année, des enfants meurent de maladies diarrhéiques, imputables aux carences d'approvisionnement en eau potable, mais aussi par manque d'hygiène. C'est la première cause de mortalité infantile en Haïti. L'absence de point d'eau potable à proximité des habitations a un effet négatif sur la scolarité des enfants, une grande partie de leur temps étant consacré à la corvée d'eau.
Le passage des violents cyclones qui avaient affecté Haïti fin 2008 a fortement aggravé la situation déjà précaire. Aujourd'hui, c'est une véritable course contre la mort qui s'est engagée pour les ONG.
La question de l'eau est une question de vie ou de mort pour les populations. Le réseau de canalisation a été défoncé et les points d'accès à l'eau quasiment inexistants. En cette saison particulièrement chaude, la déshydratation guette chaque survivant. Après 3 jours sans boire, c'est la mort que risquent les haïtiens.
L'eau souillée par les cadavres et les évacuations sanitaires transmet des maladies aux survivants : diarrhée, dysenterie, paludisme, tuberculose ou choléra. La question du traitement et de la distribution de l'eau est donc cruciale.
C'est la priorité de l'OMS et des ONG présentes sur le terrain.
Des réservoirs, des stations de purification, sont en train d'être acheminés vers Port au Prince et les villes sinistrées. Répondre à l'urgence Hydrique, c'est donc la mission notamment de la Croix Rouge, d'Action Contre la Faim, de Care France, et d'autres, qui prêtent main forte à la Sécurité Civile française et aux différentes forces internationales.
De nombreuses opérations de solidarité avec Haïti ont été enclenchées et relayées par les différents médias, opérations qui peuvent-être soutenues par la contribution de chacun d'entre nous.
FONDATION DE FRANCE
CROIX ROUGE FRANCAISE
ACTION CONTRE LA FAIM
Philippe BOURY, pour la Rédaction.