
Le record de consommation d'électricité en France et tombé le 15 décembre dernier avec un pic de 96350 MégaWatts. Même si demain, ce sont vraisemblablement nos heures passées à surfer sur le web qui en seront responsables, le chauffage reste la principale cause de ces surconsommations.
A l'échelle mondiale, la consommation d'énergie ne cesse de croître, avec de rapides évolutions comme celle de la Chine ou l'Inde, avec respectivement une progression depuis 1990 de
193 et
109% de leur consommation d'énergies fossiles.
La Chine qui d'ailleurs vient d'annoncer qu'elle maîtrisait dorénavant une technologie de retraitement de son combustible nucléaire pour le rendre
soixante fois plus efficace. Une annonce qui arrive dans un double contexte : la course à l'uranium 235 dont les stocks mondiaux sont limités, et les doutes persistants sur la sûreté des réacteurs EPR d'Areva et EDF émis en novembre 2009 par les Autorités de sûreté nucléaire britannique (HSE), finlandaise (STUK) et française (ASN).
Ce dernier épisode de la saga EPR, réacteur nucléaire de 3ème génération, capable, selon Aréva, de fonctionner avec du combustible MOX, en construction notamment en France et en Finlande avec de sérieux retards, interroge sur l'évolution du marché de l'énergie et la réelle volonté de nos dirigeants de promouvoir les économies d'énergie et les ressources durables.
Les récentes concessions accordées à des pétroliers comme TOTAL en France pour évaluer puis exploiter les gaz de schistes dans le sud-est entre Valence et Montpellier, dont je vous parlais il y a quelques semaines, et les projets d'exploitation de schistes bitumineux notamment en Ile de France, en Picardie et en Champagne-Ardenne, montre combien la question énergétique dépasse la problématique environnementale, les enjeux économiques étant faramineux. En effet, que pèse la qualité de nos ressources en eau potable et de nos paysages face à ce qui représenterait selon Bercy près de 65 milliards de barils ? L'ensemble des demandes de permis d'exploration sur le sol français déposées à ce jour représente une surface de
plus de 65000 km2, soit presque la superficie des régions Aquitaine et Languedoc-Roussillon associées.
Nucléaire engagé dans une voie incertaine, exploitation de ressources en gaz et en pétrole en dépit des ressources en eau, explosion de la consommation mondiale d'énergie, lutte pour l'accès aux ressources, rien ne va plus dans un monde ou le monopole d'état à fait place à la tyrannie des marchés.
Quid des énergies nouvelles, des projets solaires, des ressources propres ? Il semble que les profits qu'il reste encore à faire avec le pétrole, le charbon et l'uranium soit le premier frein à des investissements massifs dans la recherche sur les énergies renouvelables. Selon l'Adème, les dépenses publiques de recherche et développement se sont élevées en 2005 à
133 millions d'euros pour le pétrole et le gaz,
490 millions pour le nucléaire, et environ
172 millions d'euros pour le reste dont 64 pour l'efficacité énergétique, 54 pour l'hydrogène et la pile à hydrogène et
seulement 42 pour l'ensemble des énergies renouvelables. D'après le site de jean-Marc Jancovici, l'effort annuel total de recherche et développement en France s'élèverait à près de
2 milliards d'euros pour le pétrole et
1 milliard d'euros pour le nucléaire.
De l'autre coté de la Méditerranée, La centrale thermo-solaire à cycle combiné intégré de
Ain Béni Mathar au Maroc est la première étape de la mise en œuvre d'un projet d'envergure où les énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire, devrait jouer un rôle central, visant
la production de 82% de l'énergie à partir de ressources propres avant fin 2020.Novethic.fr
Lemonde.fr
Greenpeace.fr
Manicore.com
Maghress.com
Ademe.fr
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.