2010 c'est vous le savez l'année internationale de la diversité biologique, mais aussi celle des échéances pour la Convention sur la diversité biologique. Cette convention ouverte à la signature lors du Sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992 est un traité international pour la conservation de la biodiversité et aussi pour le partage équitable des avantages tirés de l'utilisation des ressources génétiques. Elle cherche à lutter contre tout ce qui menace la biodiversité et les services rendus par les l'écosystème. Pour cela elle s'appuie sur des évaluations scientifiques, l'élaboration d'outils, d'incitations et de processus, le transfert de technologies, la diffusion de bonnes pratiques et l'implication des parties prenantes concernées, notamment les communautés autochtones et locales, les jeunes, les ONG, les femmes et le secteur privé.
Revenons un peu en arrière sur les objectifs fixés en 2002 par la Convention sur la diversité biologique . Ces objectifs qui arrivent aujourd'hui à échéance sont loin d'être atteints. Sur 193 pays signataires, 120 ont remis leur rapport au Secrétariat de la Convention, et Ahmed Djoghlaf, le secrétaire exécutif, admet sur un ton accablé qu'«aucun pays au monde, ne peut prétendre avoir réalisé l'objectif» avant d'ajouter que «Ces rapports démontrent à l'évidence que, malheureusement, on continue à perdre la biodiversité de façon effrénée et inédite». Pour corrhoborer ces propos, un rapport onusien publié en 2007, affirme que le rythme de la disparition des espèces risque bientôt d'atteindre 1000 fois le niveau historique.
Afin de tenter d'enrayer cette déperdition biologique, la dixième réunion de la Conférence de la diversité biologique entend bien adopter un plan stratégique pour 2011-2020. Une importante réunion préparatoire a déjà eut lieu à Cali en Colombie en mars dernier. Cali est entrée dans l'histoire comme le lieu de naissance du projet de Protocole de Nagoya, la ville japonaise qui accueillera le sommet en octobre prochain. Il se pourrait qu'à cette occasion Nagoya acquiert une connotation symbolique, à l'instar de Kyoto. Ce nouveau traité juridique, devrait selon Ahmed Djoghlaf révolutionner la problématique de l'environnement mondial». A Cali, les 500 représentants des gouvernements, des communautés autochtones et locales, de la société civile, des centres de recherche et du secteur privé, se sont mis d'accord sur un projet et aussi sur un plan de route jusqu'au Sommet de Nagoya qui devrait être adopté par les gouvernements du monde en octobre prochain.
En effet, le déploiement d'un mécanisme international d'expertise semble pressant. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui a reçu prix Nobel de la paix en 2007, a prouvé l'efficacité de ce type de mécanisme dans son combat contre le réchauffement de la planète. L'enjeu de la diversité biologique en a presque souffert, demeurant quelque peu dans l'ombre de celui des changements climatiques. Mais avec Nagoya, cela devrait enfin changer !!
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.