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La mort de la Belgique ?

NATURE SANS FRONTIERES
Chronique du 19-05-2010

Par Pierre GUELFF
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LA CHRONIQUE
L'actualité commentée depuis Bruxelles, capitale de l'Europe.

L'Europe va mal, très mal. La Grèce, le Portugal, l'Espagne, Angela Merkel, la Belgique… sont, à des degrés divers, à l'agonie ou en proie à des problèmes sociaux et économiques majeurs. Sans parler du concept de l'écologie qui bat de l'aile : Conférence de Copenhague, Grenelle de l'Environnement… en sont les preuves tangibles.
De la Belgique, parlons-en.
Petit pays florissant d'une dizaine de millions d'habitants il y a quarante ou cinquante ans, le voici au bord de l'implosion.
Les plus fervents optimistes et nostalgiques d'une Belgique unie sont, à présent, dans l'expectative la plus complète.

Une politique destructrice

Voici donc un pays qui, tôt ou tard, selon maints politologues avisés belges et étrangers, va éclater.
A qui la faute ?
Essentiellement à des politiques, tous partis confondus (dans ce cas d'espèce, ils font l'unanimité !), car à y regarder de près, les trois communautés qui forment la Belgique, les Flamands, les Wallons et les Germanophones ne sont pas en guerre et n'ont pas envie de la faire. Loin de là.
Ce sont donc des politiques qui, petit à petit, ont mis à mal ce pays considéré tout un temps comme une sorte d'Eldorado en Europe.
Au Nord, dans une Flandre assez opulente, les démons de l'extrême droite mélangés à une volonté séparatiste évidente en sont les ingrédients politiques. Pourquoi ?
Parce que de nombreux élus flamands se disent saturés de devoir ouvrir les cordons de la bourse à l'encontre du Sud, la Wallonie donc, engoncée depuis des décennies dans des scandales et autres affaires où l'on retrouve essentiellement des élus qui se prétendent socialistes. Ce qui, bien entendu, est une véritable injure au mouvement ouvrier socialiste wallon qui s'est tellement battu pour la démocratie.
Pour résumer, on a un Nord assez riche, un Sud assez pauvre et, au centre, Bruxelles, territoire flamand habité par 80% de francophones, capitale de l'Europe, siège de l'OTAN, poumon économique du pays, qui est donc un enjeu majeur pour les Flamands et les Wallons.

Un Etat incapable

Dans un pays qui compte soixante ministres nationaux, régionaux, communautaires et autres, soit plus qu'en France et qu'aux Etats-Unis, l'Etat fédéral est incapable de gérer les multiples crises institutionnelles qui minent le pays, qui brade à l'étranger ses plus beaux fleurons financiers et industriels, alors que les politiques se chamaillent sur l'opportunité ou non de donner un rôle exclusivement protocolaire au roi Albert II et tergiversent quant à la succession de celui-ci par son fils, le prince Philippe, décrit comme un minus habens par maints chroniqueurs.
Un chef de l'Etat qui, par parenthèse, n'est pas élu démocratiquement puisque c'est le droit de sperme qui prime encore sur celui des urnes en Belgique !
Mais, ce n'est pas tout !
Avec un réseau routier wallon catastrophique, ses routes sont considérées comme les plus dangereuses d'Europe, avec Bruxelles cataloguée parmi les capitales les plus embouteillées de la planète, où la saleté et l'insécurité s'érigent de plus en plus en faits acquis, avec une Flandre décrite comme une région raciste par certains observateurs des Nations Unies, avec des finances publiques et des pratiques politiciennes dignes, si j'ose dire, d'une république bananière, la Belgique plonge tout droit vers le séparatisme.

Elections, piège à c…

Les élections anticipées du 13 juin prochain suite à la chute du gouvernement fédéral sur BHV, c'est-à-dire Bruxelles, Hal, Vilvorde, un coin de terre autour de Bruxelles que Flamands et Francophones se disputent, eh bien, ces élections ont fait dire à Yves Leterme, le premier Ministre : « Ce sont des élections légales mais non constitutionnelles ». Allez-y comprendre quelque chose dans toutes ces gesticulations, tout en soulignant que le vote est obligatoire en Belgique.
Pour rappel, c'est ce même Yves Leterme qui, par dérision ou crétinisme, chanta « La Marseille » au micro de la RTBF en lieu et place de l'hymne national belge. Durant, ce temps, un certain Michel Daerden, ministre socialiste souvent ivre faisait les délices de Youtube alors que la justice le taraudait pour de sombres affaires financières.
Côté libéral ou centriste, est-ce mieux ? Ce sont les libéraux flamands qui auraient déclenchés la crise, selon les Francophones. Pas du tout !, clament les Flamands ; essayez seulement de gérer convenablement votre région !, répliquent les gens du Nord.
Et le parti Ecolo dans tout ça ? Lui qui fut véritablement plébiscité lors des dernières élections fédérales a été rejeté dans l'opposition à ce niveau-là mais est dans la coalition wallonne au pouvoir ou certaines de ses décisions ou non-décisions déçoivent beaucoup de gens.
Alors, dans la mouvance de mai 68 et de son célèbre « Elections piège à cons », il se dessine un important mouvement citoyen appelant au boycott des élections malgré d'éventuelles amendes à la clef.
D'aucuns le dénoncent en clamant : « Des gens sont morts pour que l'on puisse voter ».
Réplique cinglante : « D'accord, mais pas pour des clowns ou des affairistes ou des gens qui ne jouent que le jeu de la particratie sans tenir compte de la volonté populaire, ce n'est pas Ecolo qui nous démentira. Et puis, des pays comme la France où le vote n'est pas obligatoire sont-ils moins démocratiques pour autant ? » Fin de citation.

Une confédération, des républiques ?

Bref, la Belgique (photo Google) glisse vers la pagaille institutionnelle mais, dit-on, plusieurs scénarios plausibles ou farfelus se peaufinent dans les coulisses.
Oublions, je crois, le rattachement de la Wallonie à la France : que va faire Paris avec un nouveau département de quelque 3 millions 400.000 habitants ayant un taux élevé de chômage, traînant derrière des casseroles politico-mafieuses en pagaille, avec, le comble, un Parti Socialiste qui soutient la monarchie, mais, avec, néanmoins, quelques atouts touristiques et économiques qui semblent se redresser sous l'œil de l'Europe ?
Il y a, aussi, l'hypothèse d'une confédération à la Suisse, puis, celle, tant désirée par des politiques flamands, d'une séparation : au Nord, la république flamande, au Sud, la république wallonne.
Et Bruxelles, me direz-vous ?
Justement, c'est « le » gros problème ? La solution d'une ville libre, un peu comme Dantzig ou Cracovie naguère, est parfois envisagée du bout des lèvres.
En attendant, la Belgique de papa a vécu et cela inquiète la Communauté européenne qui a peur que cela donne des idées à certains Basques, Corses, Irlandais…

Pierre Guelff.

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                Pierre GUELFF, pour la Rédaction.



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