
Avioth, est un village de la région lorraine d'un peu plus d'une centaine d'habitants, et qui possède en son cœur un imposant édifice sacré du Moyen Âge appelé «
Basilique des Champs ».
Une légende prétend qu'il a été bâti en une nuit suite à un pacte passé avec le Diable, qui, en contrepartie recevait l'édifice et l'âme du bâtisseur !
Mais, grâce à la femme du bâtisseur qui réveilla le coq avant l'aube, le Malin ne put arriver à ses fins, il fut donc berné et il ne put placer la dernière pierre. D'ailleurs, chaque visiteur de ce monument exceptionnel, se doit de trouver l'emplacement dévolu à la pierre manquante...
Mais, on dit, aussi, que le Diable veille encore sous la forme d'un chat à queue de serpent au grand portail…
…à moins, comme le suggèrent d'autres personnes, qu'il ne s'agisse du Verbouc, homme-bouc représenté par une statue.
Mais, il y a d'autres explications à cette étrange statue :
- il s'agirait de la représentation d'un diable emportant en croupe une sorcière au sabbat ;
- ou de sainte Marguerite jaillissant de l'échine d'un dragon ;
- ou, encore, d'une jeune fille très courageuse qui se proposa d'aller chasser l'homme-bouc qui hantait la région.
Ceci dit, l'origine du culte à Notre-Dame d'Avioth remonte à la fin du XIe siècle, la statue de Marie étant du XIIe siècle.
Une statue qui a été au centre d'une fameuse polémique : certains auteurs prétendent qu'elle était noire à l'origine, comme une Egyptienne, et qu'on l'a couverte et recouverte de peinture blanche.
Le pèlerinage à la Vierge d'Avioth, la «
Patronne des causes désespérées », a été florissant. Effectivement, on y pratiquait un rite assez formidable. Celui du baptême d'enfants mort-nés, donc un rite permettant de délivrer une sorte de laissez-passer pour les limbes.
Ce laissez-passer pouvait aussi permettre l'accès au paradis, alors que la terrifiante théorie de saint Augustin envoyait d'office les enfants mort-nés dans les ténèbres !
La Recevresse, ce joyau architectural situé à côté de la basilique, abrita les offrandes en nature et en espèces des pèlerins, et, on dit que c'est également ici qu'étaient déposés les enfants mort-nés avant que le rite du retour à la vie ou du passage dans les limbes ne se déroule.
Pierre Guelff, auteur des ouvrages « France Mystérieuse » publiés aux Editions Jourdan en collaboration avec les Presses Universitaires de France et UD-Flammarion.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.