Les barrages catalans sont tombés à 20% de leur capacité, tout près du seuil de 15% au-dessous duquel l'eau n'est pas jugée utilisable. Dès le 4 février, le gouvernement catalan a décrété son seuil d'alerte n°2, entrainant des restrictions qui restent en vigueur, comme l'interdiction d'arroser les jardins et les parcs, ou de remplir les piscines... Pour faire face à cette pénurie, le gouvernement a donc fait appel à des bateaux-citernes pour approvisionner la capitale catalane. Durant les trois prochains mois, ce sont six navires qui vont effectuer des navettes pour alimenter Barcelone... Des bateaux, en provenance de Tarragone, au Nord-est du pays, et de Marseille, qui contribueront à garantir l'eau potable aux Barcelonais. D'une capacité de 19.000 à 42.000 m3, les bateaux effectueront au total 63 voyages mensuels vers Barcelone. La capitale catalane recevra ainsi, chaque mois, 1.660.000 m3 d'eau potable, soit 6% de la consommation de son agglomération. Une facture d'eau qui s'élève à 22 millions d'euros par mois. Des contrats de trois mois ont été signés avec les différentes compagnies maritimes, et pourront être renouvelés si la sécheresse devait perdurer Dans le même temps, le gouvernement espagnol a donné son feu vert, le 18 avril dernier, pour la construction d'une canalisation d'environ 60 km entre Tarragone et Barcelone, pour acheminer de l'eau de l'Ebre. |

Cette solution d'approvisionnement par bateaux ne fait tout de même pas l'unanimité. Le jugement de la Confédération du Commerce de Catalogne est même sévère. Son secrétaire général a déclaré que « cette arrivée d'un bateau chargé d'eau est l'image de l'échec absolu des administrations que ne méritent ni Barcelone ni la Catalogne » . De son coté, l'association hôtelière de Barcelone évoque, « un moindre mal, tant que des solutions durables n'auront pas été trouvées » . Son président regrette tout de même que des coupures d'eau en plein été risquent de nuire à l'image touristique de Barcelone. La Catalogne vient pourtant de recevoir des pluies torrentielles, les plus fortes depuis 1930 en cette saison. Selon la presse locale, les autorités régionales pourraient abaisser leur alerte au niveau 1, un niveau qui prévoit de simples restrictions d'arrosage et d'utilisation d'eau potable pour les golfs et les centrales hydroélectriques. Mais malgré ce répit, la situation reste critique. Si les retenues d'eau sont remontées à 26,9% de leur capacité, au-dessus du niveau d'alerte actuel, la vigilance est de rigueur . A long terme, il faudrait qu'il pleuve beaucoup plus pour que la situation redevienne normale.
philippe, pour la Rédaction. |