
“Pendant longtemps les chercheurs avaient plutôt pour habitude de garder jalousement les données issues de leurs recherches. Aujourd'hui les bénéfices entrevus du travail collaboratif et du partage de l'information notamment par le biais d'internet ont quelques peu fait évoluer les mentalités. Depuis quelques dizaine d'années de vastes banques de données sur la biodiversité fleurissent sur le net et évoluent sans arrêt au rythme de l'avancement des connaissances.
Au niveau des bases de données, on trouve l'Encyclopedia of Life (EOL) par exemple, lancée en 2007. Les chercheurs espéraient décrire entre 700 000 et 1 million d'espèces d'ici à 2011 mais aujourd'hui l'encyclopédie géante à pris du retard à cause de la longueur des recherches et des processus d'identification qui rendent difficiles la réalisation de bases de données exhaustives. Le point fort du site réside néanmoins dans la possibilité pour le public d'accéder à des pages mises à jour et d'ajouter des photos. L'accès est contrôlé afin d'éviter la publication d'erreurs dans des articles insuffisamment vérifiés ou corrigés. des responsables Internet surveillent donc et vérifient la validité des informations ajoutées.
Il y a aussi le Catalogue of Life (CoL),Le CoL qui a déjà enregistré plus de 1 million d'espèces mais a lui aussi repoussé son objectif qui visait à décrire près de 2 millions d'espèces d'ici à 2011.
Le site Internet Global Biodiversity Information Facility (GBIF) quant à lui permet aux utilisateurs de produire des cartes de la biodiversité qui par endroit présentent de gros points blancs, des zones inconnues qui correspondent aux pays qui n'ont pas suffisamment de données ou qui refusent de partager leurs informations.
En tous cas, en l'état ces répertoires sont disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils présentent des interfaces accessibles à un grand nombre d'utilisateurs et facilite parfois le travail des chercheurs qui peuvent recouper des informations provenant de plusieurs disciplines. En combinant diverses infor¬mations, ils peuvent ainsi connaître la localisation d'une espèce particulière, ainsi que les détails de son environnement, les variations de climat qui s'y produisent, afin d'avoir une meilleure idée des risques qui la menacent.
Encore faut il qu'ils arrivent à s'y retrouver dans ce fourmillement d'informations. En règle générale, les chercheurs doivent naviguer séparément sur chaque base de données s'ils veulent rassembler l'information dont ils ont besoin sur une espèce.
Le prochain défi consistera donc à trouver le moyen de faire communiquer ces bases de données entre elles et de les rendre compatibles. Pour cela il faudra surement passer par un formatage de l'ensemble des informations en fonction de normes standardisées.
L'unanimité ne règne pas parmi les chercheurs quant aux délais nécessaires pour réaliser ce “laboratoire virtuel”. Pour certains, il faudra une dizaine d'années. Pour les autres une base de ¬données intégrée regroupant les principaux projets comme l'EOL, le GBIF et le CoL, devrait être disponible dans les deux ans à venir.
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.