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Le puceron, le miellat et les fourmis. - Publiée le 20-07-2008

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LA CHRONIQUE
Je vous parlais du miel la semaine dernière que les abeilles produisent soit à partir de nectar, soit à partir de miellat. Je vous propose aujourd'hui de partir à la rencontre du cauchemar des agriculteurs et des amateurs de jardin : le puceron.
Communément appelé Poux des plantes ou Vaches à fourmis, les pucerons forment une famille de 4000 espèces. Cet homoptère est un insecte piqueur-suceur qui va se nourrir de la sève riche en nutriments élaborée par les feuilles.
Pour couvrir ses besoins en acides aminés, le puceron va consommer une grande quantité de sève dont une bonne partie va être excrétée sous forme de miellat.
Un miellat qui fera le bonheur des abeilles, des guêpes, mais aussi d'une espèce de fourmis spécialisées dans l'élevage de pucerons.



Certaines espèces de pucerons vont ainsi faire l'objet d'une attention toute particulière de la part des fourmis. Les fourmis vont soigner les pucerons en les nettoyant du miellat collant, et vont les protéger des redoutables prédateurs que sont les coccinelles par exemple. Particulièrement dépendantes de cette source de sucres, les fourmis sont capables d'emporter avec elles un ou deux pucerons qui se seront illustrés par leurs performances si elles doivent déménager. Ces pucerons fonderont alors la nouvelle colonie élevée.

En fait, cette relation n'est pas si idyllique car la colonie de fourmis est toujours en quête des pucerons les plus producteurs. Si elle découvre des pucerons faisant plus de miellat que ceux dont elle s'occupe, elle va abandonner les précédents qui pourront même être dévorés. La nature semble parfois cruelle.



Le puceron se reproduit très vite, et de deux façons différentes. Soit par sexualité, ce qui suppose un accouplement, soit par parthénogenèse, auquel cas la descendance sera constituée de véritables clones de la mère. La femelle parthénogénétique peut ainsi produire 3 larves ou plus par jour, des larves qui sont prêtes à produire leur propre descendance, et ce jusqu'à trois générations, imbriquées les unes dans les autres, comme des poupées russes.


A l'inverse, la reproduction sexuée conduit à une pause qui va variée avec la température ambiante et permettre la colonie de résister à des conditions climatiques défavorables.



La lutte contre ces insectes qui colonisent très vite les plantes et les affaiblissent peut être menée sans avoir recours à la chimie. Parmi les prédateurs, les coccinelles sont bien entendues des auxiliaires très performants, dont les larves engloutissent jusqu'à 100 pucerons par jour.
Certains parasites peuvent aussi être utilisés en agriculture comme les micro-hyménoptères, qui vont pondre leurs œufs dans le puceron. Ils vont constituer une lutte préventive ou curative, pour protéger la tomate, le poivron, l'aubergine, ou encore le concombre, la fraise ou le haricot, et pour ceux qui sont plus romantiques, la rose.
Cette approche biologique a pour intérêt principal de restaurer un équilibre naturel entre prédateurs et proies, équilibre bien souvent mis à mal par les campagnes de lutte chimique, souvent au détriment de la prédation, et conduisant à la prolifération des proies que sont les pucerons. Si vous avez des pucerons sur vos rosiers, remisez les traitements chimiques et procurez-vous plutôt des coccinelles !

Photos : © Olivier FRIGOUT, tout droit réservé.

Source : INRA de Versailles

                olivier, pour la Rédaction.


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