
Parmi les animaux il existe une hiérarchie relativement claire. Celle-ci s'exprime par le biais de la chaine alimentaire, les plus forts mangeant les plus faibles, mais aussi au niveau de la conscience qu'ont les humains de cette faune aux multiples visages. Comme souvent, l'homme affiche ainsi ses préférences et ne résiste pas à la tentation de décerner quelques titres plus ou moins honorifiques. C'est ainsi que le lion s'est vu affublé du statut un peu particulier de roi des animaux par les sociétés occidentales. Il est assez étonnant que ce soit un animal vivant principalement en Afrique qui ait hérité de ce statut, mais il est intéressant de savoir que du temps des celtes c'est l'ours qui occupait ce rang de monarque.
Depuis, le christianisme est passé par là, a déchu les plantigrades, considérés comme païens, pour installer le lion sur le trône laissé vacant. Sa puissance et son impressionnante crinière ne sont sans doute pas étrangers à ce choix, mais quelques symbolismes religieux ont également un rôle dans ce couronnement, le rugissement du fauve étant notamment parfois assimilé à la parole divine. Quoi qu'il en soit, le lion a donc hérité de ce rang prestigieux mais cela n' pas facilité ses rapports avec l'homme pour autant.
Classé comme vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN), le roi des animaux ne cesse de voir ses effectifs décroître. A l'heure actuelle, les estimations varient beaucoup et il resterait entre 16 000 et 30 000 lions vivant sur la planète. C'est très peu quand on sait qu'à une époque ce félin avait conquis quasiment l'intégralité du globe. Depuis, il a totalement disparu du continent américain et seuls quelques centaines d'individus survivent en Asie. C'est donc en Afrique que se joue l'avenir de cette espèce, mais là encore les choses ne sont pas très reluisantes. Alors qu'il était présent sur l'ensemble du continent il n'y pas si longtemps, le lion est maintenat cantonné à l'Afrique subsaharienne et a également déserté les territoires les plus australs. Au final, il a ainsi disparu de près de 80% des territoires qu'il occupait auparavant.

Il faut dire que la cohabitation avec l'homme ne va pas sans poser de problèmes. Longtemps considéré par les occidentaux comme un vulgaire trophée de chasse à accrocher au dessus de la cheminée, le roi des animaux a été massacré à grande échelle. Aujourd'hui encore, plusieurs pays africains délivrent des permis de chasse et des centaines d'individus sont abattus chaque année. D'autre part, la dégradation de l'habitat, la réduction du nombre de ses proies, l'extension des terres cultivées ou réservées au bétail font peser des menaces très sérieuses concernant son avenir.
Il serait pourtant bien dommage de voir disparaître un animal aussi exceptionnel, ne serait-ce que par son mode vie. Les lions sont en effet les seuls félins à vivre en troupes, plus ou moins vastes et qui peuvent compter une vingtaine de membres dont un ou deux mâles reproducteurs. Des mâles qui se la coule douce, laissant aux lionnes le soin de chasser et de s'occuper des petits. En échange du couvert, les puissant mâles, qui peuvent peser plus de 200 kilos, s'occupent du gîte, leur rôle étant de défendre le territoire de la troupe et de chasser les mâles lorgnant tout autant sur ce territoire que sur leur harem personnel. Une vie sociale qui permet à ces animaux de s'attaquer à l'ensemble des créatures de la savane, une troupe assez nombreuse pouvant aller jusqu'à chasser un jeune éléphant ou une girafe, des proies pourtant plus qu'imposantes.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.