développement durable agenda 21 énergie renouvelable commerce équitable empreinte écologique podcast Biodiversité Environnement Radio du Monde Actualité Environnement Musique Musiques du Monde Ecologie mp3 Webradio

« Chronique Précédente TOUTES LES CHRONIQUES de EAU Chronique Suivante »

L'EAU FRANCILIENNE RESTE AU PRIVE

EAU
Chronique du 20-12-2008

Par Philippe BOURY
PODCAST / RSS / RESEAUX EAU
Cette chronique n'est plus
accessible en audio !
PODCAST EAU XML RSS EAU Utilisez le MirPod

LA CHRONIQUE
L'eau d'Ile de France restera dans le giron du privé. Ainsi en a décidé le SEDIF, le Syndicat des Eaux d'Ile de France, qui a voté le maintien de la gestion de l'eau par une délégation de service public. Après la re-municipalisation votée par les élus parisiens, beaucoup pourtant espéraient que les 144 communes d'Ile de France suivent ce même chemin. Il n'en a donc rien été.

L'enjeu était de taille. Le marché de l'eau francilienne, c'est 4 millions de consommateurs pour un budget annuel de 300 millions d'euros. Et ce marché est entre les mains de Véolia depuis 1923… La compagnie s'appelait encore la Générale des Eaux. Le dernier contrat liant la société au SEDIF, signé en 1962, arrivait à échéance en 2010. L'occasion était donc unique d'obtenir un retour à une gestion publique de l'eau.
D'autant que Véolia s'est, ces derniers temps, attirés les critiques d'associations de consommateurs et d'élus de gauche. La raison : le prix du mètre cube est en moyenne de 4€ en Ile de France contre 3€ pour la moyenne nationale. Il est même plus cher de 42% par rapport à Paris où le consommateur paye son eau 2,81€ le mètre cube.

Plusieurs raisons à ces disparités : Paris possède d'abord de nombreuses sources qui lui fournissent la moitié de son eau potable, tandis que le SEDIF doit prélever son eau dans la Seine la Marne et l'Oise. Il y a donc un gros travail de potabilisation avant de distribuer cette eau. Ensuite, les réseaux parisiens sont essentiellement souterrains, et donc plus accessibles pour l'entretien, contrairement au reste de la région parisienne où la moindre opération de maintenance nécessite le creusement de tranchées. Enfin, le réseau francilien continue de s'étendre à l'inverse de la capitale où le réseau est à son terme et amorti depuis longtemps. Malgré tout, la surfacturation de l'eau francilienne est là. L'UFC Que Choisir estime ce surcoût à 90 millions par an. L'étude interne du SEDIF évalue elle ces économies autour de 35 à 40 millions d'euros.

Forts de ces constats, élus et associations avaient espéré une remise en cause de cette gestion privée. Les premières prises de position allaient même dans ce sens. Face à André Santini, président du SEDIF, 68 élus étiquetés verts, gauche et Modem, avaient manifestés leur intention de s'opposer à une reconduction de la délégation du service au privé. Mais tour de passe-passe, le vote s'est étonnamment déroulé à bulletin secret. Au final, seuls 54 élus ont voté contre et 88 pour. Certains élus dénoncent même un déni de démocratie le fait d'être obligé de cacher leur vote sur une question d'intérêt général qui concerne les générations futures.

Le débat précédent le vote a lui tourné à la passe d'armes, à coup de joutes verbales. Les défenseurs du privé ont accusé les partisans d'une régie publique d'avoir recours à des méthodes d'alter mondialiste… Lesquels ont dénoncé l'obsession du profit et de la rentabilité de Véolia. L'enjeu du choix de société est passé au second plan. Pour les militants pro public, le résultat du vote du SEDIF est en complet décalage avec l'opinion publique qui refuse de considérer l'eau comme une marchandise et qui aspire à une gestion publique, démocratique et transparente. Le décalage apparaît aussi avec les analyses effectuées par les associations de consommateurs comme par les cabinets d'audits qui toutes ont révélé la gravité des dérives du système actuel.
Parmi les élus déçu, Dominique Voynet, la maire de Montreuil, s'est dit convaincue que la formule de la régie aurait permis de faire plus facilement baisser les coûts tout en assurant la sécurité de l'approvisionnement.

Reste que si les partisans d'une régie publique n'ont pas eu gain de cause, le débat suscité par le dossier aura permis d'infléchir la position de la direction du SEDIF. André Santini a déjà évoqué l'idée d'une tarification sociale pour les familles les plus modestes… Et il est même envisagé de diviser en plusieurs lots fonctionnels l'appel d'offre pour la délégation. La production, les canalisations et la gestion des abonnés seraient scindées afin que la concurrence soit plus effective. Et faire s'affronter ainsi les 3 grands groupes du secteur : Véolia, Suez et la Saur. Au bénéfice, espérons-le, du consommateur.

L'EAU DE PARIS DE RETOUR DANS LE PUBLIC
ASSOCIATION POUR LE CONTRAT MONDIAL DE L’EAU
COORDINATION EAU ILE DE FRANCE
SEDIF

                Philippe BOURY, pour la Rédaction.



Participez à l'info sur Fréquence Terre en donnant votre avis sur cette chronique.

Ajoutez votre commentaire Un pseudo, nom, prénom... :

Votre commentaire :
Je confirme ces données.

I'm a Stupid Spam-Robot


Toutes vos réactions :

Aucun Commentaire pour le moment

« Chronique Précédente TOUTES LES CHRONIQUES de EAU Chronique Suivante »

Ils diffusent FREQUENCE TERRE sur le Web
Futura Environnement Créer une Webradio produits écologiques Natura Sciences
Effets de Terre Maison Eco Location vacances Magazine Ecologie
Tchache Chat Féminin Bio Mademoiselle Biotupp
Une Eau Pure Contenu Radio Gratuit Annuaire RSS Les indignés
© FrequenceTerre Tous droits réservés - CONTACT - WEBMASTERS : Raphaël HUE et Olivier FRIGOUT - SIRET : 448 741 967 00013
Les images appartiennent à leurs auteurs respectifs