
Voici une bonne nouvelle pour les pays africains dans cette chronique. Désormais ils peuvent savoir ce que la météo leur réserve jusqu'en 2100, et par conséquent prévoir l'impact du changement climatique sur leurs communautés.
Tout ceci, grâce à un travail de collecte de données climatiques réalisé par des scientifiques.
Ainsi d'ici la mi-2012 déjà, les premières données climatiques pour des personnes qui vivent dans un rayon de 50 kilomètres devraient être disponibles pour toute l'Afrique.
A terme, c'est sur chaque ville et village d'Afrique que des données seront établies. Une véritable prouesse !
L'Afrique a du mal à faire des prévisions exactes et détaillées concernant l'impact du changement climatique sur les communautés locales. Or, c'est une des parties du monde qui subit le plus les impacts du bouleversement climatique. Avec le programme dénommé CORDEX, à savoir Expérience coordonnée de réduction d'échelle des prévisions météorologiques au niveau régional, et qui a commencé en 2010, la chose est désormais possible.
Cette initiative de l'Organisation météorologique mondiale, OMM s'intéresse à toutes les régions du monde. Mais c'est l'Afrique sa priorité. Car c'est non seulement le continent le plus vulnérable, mais ayant été peu étudié.
Autre bonne nouvelle, c'est le cadre collaboratif que crée le CORDEX entre climatologues et autres scientifiques africains du climat. A terme les données et autres statistiques seront traduites en réalités tangibles et exploitables par les communautés. Des experts du Bénin, du Burkina Faso, d'Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Malawi, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, d'Afrique du Sud, du Swaziland, d'Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe analyseront les données.
Le continent africain a été alors divisé d'abord en trois régions : le sud, l'Est et l'Ouest. Ensuite ces régions ont été éclatées en fonction de caractéristiques communes et de modèles de précipitations communs. L'élément majeur pour les scientifiques reste et demeure les variables de précipitations qui sont importantes dans la simulation des impacts le changement climatique.
Mettre l'accent sur l'Afrique est une avancée notable dans les approches scientifiques pour faire face au changement climatique. Car, comme l'a expliqué un expert du Groupe intergouvernemental sur le climat, GIEC, les prévisions internationales jusqu'ici disponibles ne prenaient pas en compte les spécificités socio-économiques des communautés.
De fait, les modèles climatiques applicables à un pays du nord l'étaient dans un autre pays en développement, en raison de similitudes géographiques retenues. Pourtant les impacts et les moyens d'adaptation ne sont pas les mêmes. Ce qui fausse les réponses locales face aux impacts climatiques.
Le travail des experts devrait permettre de dégager des données issues de statistiques climatiques entre 1988 et 2010. L'idée est de s'appuyer sur le passé afin de simuler le futur. Mais le cadre historique est trop petit. Ce qui peut poser problème, de l'avis de nombreux chercheurs. Mais le gain est déjà d'avoir des éléments plutôt que ne pas en avoir. L'autre mauvaise nouvelle, c'est que tous les pays africains ne peuvent être évalués tout de suite, parce qu'il n'existe pas de données d'observation importantes et que le soutien scientifique fait défaut.
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Godefroy CHABI, pour la Rédaction.