
Il y a trois ans, une étude montrait que fumer trois joints par jour faisait courir les mêmes risques de cancers ou de maladies cardiovasculaires que fumer un paquet de cigarettes.
Une nouvelle étude vient de démontrer que consommer du cannabis
au moins une fois par semaine, ou régulièrement depuis son adolescence, doublerait les risques de développer la forme la plus agressive du cancer du testicule. Cette étude américaine a été menée par une équipe du centre de Recherche sur le cancer Fred Hutchinson de Seattle.
Les scientifiques sont partis d'une corrélation statistique établie entre les courbes de consommation de cannabis depuis les années 50 et celles de la prévalence du cancer du testicule sur la même période. En effet, le nombre de cas de ce cancer d'une part, et la consommation de cette drogue d'autre part, ont simultanément progressé de 3 à 6% par an ces 60 dernières années.
Une corrélation qui a conduit les auteurs de l'étude à rechercher un lien entre les deux. Ils ont ainsi découvert que
les glandes germinales masculines font partie des rares organes munis de récepteurs au tétrahydrocannabinol ou THC, qui est la substance active du cannabis.
Leurs travaux permettent également de penser que l'usage de la Marijuana pourrait être spécifiquement lié au développement d'un type de tumeurs du testicule appelé germinales non-seminomateuses.
Cette forme très agressive qui compte pour environ 40 % de tous les cas de cancer du testicule, frappe les hommes entre 20 et 35 ans. Son pronostic est généralement moins bon que celui des autres types de cancers du testicule appelés séminomes.
Le cancer du testicule reste une affection plutôt rare, car elle ne représente qu'environ 1% des cancers. Mais elle a tout de même progressé de 50% en 20 ans.
Si vous avez fumé du cannabis, ne vous croyez pas atteint d'un cancer pour autant. Le signe clinique le plus courant est une augmentation du volume d'une bourse provoquée par une masse intra-testiculaire. Le plus souvent cette masse est indolore. En cas de découverte d'une masse intra-testiculaire, les médecins procèdent tout d'abord à une échographie des testicules. Si elle confirme la nature suspecte de la lésion, l'ablation du testicule sera incontournable. Elle vise à empêcher la propagation de cellules cancéreuses et les métastases. Dans ce type de cancer du testicule, des séances de chimiothérapie viendront compléter la chirurgie.
Si vous n'avez pas ces signes cliniques, que vous vous sentez en bonne santé, je ne peux que vous conseiller d'essayer de la conserver, en optant pour une façon plus saine de vous évader un peu. Personnellement, je pratique la lecture. Source : le Monde du 10 février 2009. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.