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Les pêcheurs sont-ils en train de saborder leur propre avenir?

NATURE ANIMALE
Chronique du 21-04-2009

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
Depuis quelques temps déjà, la colère des pêcheurs contre les quotas européens ne cesse de croître. Dernièrement, plusieurs ports ont été bloqués afin de faire pression sur Michel Barnier, le ministre de l'agriculture et de la pêche, afin que celui-ci intervienne au niveau européen pour une augmentation des quotas actuels. Il faut dire qu'en ce qui concerne les cabillauds et les soles, la flotte française a déjà presque atteint les limites fixées pour l'année 2009. On comprend donc que les marins pêcheurs français s'inquiètent pour leur avenir et celui de leur profession, mais il faut bien avouer qu'au rythme actuel cet avenir ne s'annonce pas reluisant.

Selon un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, 70% des stocks de poissons de la planète sont soit pleinement exploités, soit surexploités, soit en train de se reconstituer après une période de surpêche. Autant dire que si on continue à exploiter ainsi les ressources marines, il n'y aura tout simplement plus de poissons à pêcher un jour prochain. Quand on sait que pour plus de deux milliards d'êtres humains il s'agit de leur principale source de protéines, on comprend l'impact que leur disparition pourrait avoir sur notre espèce. Une véritable catastrophe couplée à un désastre écologique aux conséquences difficilement imaginables pour l'ensemble des écosystèmes.

Si la pêche artisanale se doit d'être respectueuse de l'environnement et de respecter certaines limites, c'est bien la pêche industrielle qui est la principale cause de ce carnage à grande échelle. Avec les technologies modernes de pêche, que ce soit par la taille des bateaux, l'amélioration des sonars ou l'utilisation de filets géants, les créatures marines n'ont quasiment aucune chance de s'échapper et, au final, ce sont environ 90 millions de tonnes de poissons qui sont capturées chaque année. Plus grave encore, on estime que 27 millions de tonnes de poissons sont rejetés à la mer après leur capture, soit en raison d'une taille trop petite, soit parce qu'ils ne correspondent pas aux quotas imposés ou sont impropres à la consommation.

Afin que les pêcheurs aient encore un avenir et cessent de détruire les ressources que peuvent fournir les océans, il faudra rapidement revoir le fonctionnement de cette profession. Pour François Chartier, de l'organisation Greenpeace, il faut réduire les périodes de pêche pour respecter les périodes de reproduction, fixer la dimension et le nombre de bateaux, déterminer exactement la taille minimale des poissons qui peuvent être capturés, sans oublier de créer des aires marines protégées.



La Sea Shepherd Conservation Society va encore plus loin et préconise de revoir le système des subventions attribuées aux pêcheurs en privilégiant ceux qui travaillent de manière artisanale. Il faut dire que financer des industriels qui utilisent des moyens absolument incroyables pour traquer les poissons, allant jusqu'à se servir de satellites pour repérer leurs proies, relève presque de l'absurdité. Bien sûr, cette industrie représente des emplois et il est normal que ces professionnels se battent pour défendre leur gagne pain. Ceci dit, le jour où tout les poissons auront fini leurs jours dans leurs filets, ce ne sont ni des quotas ni des subventions qui sauveront leur emploi.

La politique des quotas menée par l'Union europénne démontre donc des limites certaines et il est urgent, au niveau planétaire, de prendre des mesures permettant de protéger les écosystèmes marins, seule manière de sauvegarder durablement une profession qui se met elle même en danger.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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Philippe Favreliere a écrit le 22-04-2009 : Bonjour, Tout le monde s'accorde sur le fait que les flottilles de pêche sont surdimentionnées par rapport aux ressources (Subventionnement des armements industriels en particulier); mais, il faut aussi responsabiliser les consommateurs que nous sommes, sur l'impact de nos modes de consommation vis à vis de la ressource en poisson. Vous parlez à juste titre des rejets en mer (ou prises accessoires); mais il y a aussi le gaspillage de plus en plus important lié au poisson prêt à cuire et en particulier les fameux filets Qualité Sans Arête (QSA) qui oblige les industriels du filetage à rejeter 70 à 80 % du poisson (pour la farine en général) Voir mon site : Regard sur la pêche et l'aquaculture http://aquaculture-aquablog.blogspot.com/2009/04/poissons-trop-de-rejets-en-mer-et.html A bientôt Philippe


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