
Pour Rabelais, Avignon était la ville sonnante tant il y avait de cloches, Stendhal, lui, l'intitulait «
la ville des jolies femmes ».
Déjà, à l'époque romaine (Avignon vient d'«
Avenio »), la cité était une ville florissante au centre de plusieurs axes routiers importants.
Plus tard, au Haut Moyen Âge, Avignon fut également convoitée par le roi de France, l'empereur germanique, les comtes de Toulouse et de Provence.
Puis, au début du XIVe siècle, le pape Clément V (1264-1314) refusa de se rendre à Rome où régnait un certain marasme et finit par s'installer à Avignon.
Plusieurs pontifes s'y succédèrent durant plus d'un siècle : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V, Grégoire XI et, après le retour à Rome – grand schisme d'Occident – Clément VII et Benoît XIII.
Avignon fut donc le siège de la chrétienté durant de longues décennies et neuf papes se succédèrent dans l'imposant Palais des Papes, à la fois forteresse et palais somptueux, mélange de puissance et de richesse, symbole du pouvoir temporel et spirituel exercé par la papauté en ce XIVe siècle.
Ce sont Benoît XII et Clément VI qui ont édifié en moins de vingt années (1335-1352), ce qui est considéré comme le plus grand palais gothique du monde, dont vingt-quatre salles sont ouvertes au public.
On y admire des fresques remarquables dans des chapelles et les appartements privés du pape, certains décors peints sont l'œuvre de Matteo Giovannetti.
Certains le disent prêtre, puis chanoine, mais il porta le titre de «
maître » et devint le peintre officiel dirigeant les équipes décorant plusieurs salles du palais pontifical : chapelles, Consistoire, Grande Audience, Grand Tinel…
De plus, il réalisa des retables et tentures peintes que le pape offrait à différents établissements religieux. Il travailla ensuite au Vatican.
Pour en revenir au Palais des Papes d'Avignon, « France pittoresque » avance que le célèbre Michel de Nostredame (1503-1566), dit Nostradamus, astrologue et médecin, appelé à la cour par Catherine de Médicis et médecin de Charles IX (Nostradamus reste un personnage mondialement connu pour ses «
Centuries astrologiques ») aurait fait ses études secondaires à l'ombre dudit palais.
Selon une légende tenace, le célèbre pont qui enjambe les bras du Rhône et qui est le seul ouvrage en pierre au-dessus du fleuve entre Lyon et la mer Méditerranée, fut bâti au Moyen Âge grâce à un simple berger, encore enfant, le pâtre Bénézet ou «
Petit Benoît ».
Plusieurs fois restauré, réparé, le pont fut même abandonné tant il était onéreux pour la cité.
La chanson, dont on ne connaît pas avec précision l'origine – on évoque le XIXe siècle, du temps des guinguettes qui étaient dressées sous les arches en ruine du pont dans l'Île de la Barthelasse -, devint une comptine au succès mondial et la chanson fut reprise par Adolphe Adam dans une opérette, du coup, le vieux pont roman redevint célèbre et fut restauré pour les besoins de la cause !
Un pont qui, donc, reçut le nom du berger qui avait convaincu les notables d'Avignon de construire cet ouvrage et était parvenu à récolter les fonds nécessaires à sa construction.
Et puis, il y a la célèbre Papaline !
Confiserie chocolatée inscrite au Patrimoine National des spécialités françaises (défense des produits du terroir), la Papeline d'Avignon est le produit (savoureux) d'une alchimie mystérieuse des ingrédients suivants : Origan du Contat, une liqueur composée de près de 60 plantes cueillies sur les versants du Mont Ventoux, ajout de miel, séchage des formes, cristallisation superficielle, premier enrobage de chocolat mi-amer et deuxième enrobage de chocolat rose hérissé de petites pointes faites à la main, bonbon après bonbon, à l'aide d'un instrument spécial.
Attendre quelques jours avant dégustation que la première couche de sucre fonde au contact de la liqueur…
Pierre Guelff, auteur des deux tomes « France mystérieuse, insolite et sacrée » (Editions Jourdan).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.