
Elle aura été l'objet d'une des dernières communications du quinquennat de Jacques Chirac qui s'achève.
La gestion de la rareté de l'eau a eu en effet les honneurs du denier conseil des ministres la semaine dernière.
Après un mois d'Avril où les précipitations ont été quasiment nulles, les premières gouttes de pluie de ce moi de mai s'annoncent comme réjouissantes, même si cela ne peut suffire à combler le déficit accumulé ces derniers mois. Et les préfets restent vigilants quant à la bonne utilisation de l'eau dans chacune des régions.
Reste que sans attendre telle ou telle mesures de restriction ou telle incitation politique aux économies d'eau, nous pouvons chacun, à notre mesure mettre en place des modes d'utilisation de l'eau responsables.
La récupération des eaux de pluie est l'une des solutions permettant d'économiser la ressource autant que le porte monnaie. La loi votée en décembre dernier comporte d'ailleurs un chapitre consacré à cette alternative. Des aides fiscales seront ainsi accordées si l'on investit pour chez soi dans des solutions de récupérations, notamment pour les usages extérieurs.
Récupérer l'eau de pluie pour un usage particulier, c'est revaloriser ces précipitations comme une ressource d'eau naturelle. Face à l'eau courante, celle qui coule de notre robinet, l'eau de pluie à de quoi être séduisante. L'eau du robinet, qui nécessite de plus en plus de traitements pour faire face aux différentes pollutions, a un coût qui progresse un peu plus chaque année. Il a doublé en 10 ans et devrait encore augmenter de 5 à 10% par an dans les années qui viennent. Or, la plupart de nos besoins ne nécessitent pas forcément d'utiliser de l'eau traitée.
Nous n'utilisons, pour notre alimentation, que 3% de ce que nous consommons. Ainsi, un tiers de cette eau disparaît dans les toilettes, 13% est utilisée par les machines à laver, et le petit coin de potager du jardin engloutit entre 150 et 500 litres.
Toute cette eau traitée inutilement a pour principal effet de gonfler notre budget domestique.
L'eau de pluie, elle, est gratuite. Elle est douce, et nécessite donc moins de détergent pour toutes les tâches ménagères. Une famille de 4 personnes peut ainsi diminuer de 40 à 60 % ces besoins en détergent. C'est de 200 à 250 euros d'économiser par an.
Cette eau douce protège aussi tous nos appareils ménagers à qui nous épargnons l'agressivité du calcaire. Plus d'utilisation de sel ou d'adoucissant et une durée de vie de nos laves linge, laves vaisselle ou cumulus plus longue.
Une eau douce est aussi bonne pour la peau. Moins agressive, elle évite les éventuelles allergies dues au chlore et au calcaire.
S'équiper de système de récupération est évidemment plus simple dans une maison individuelle que dans les logements collectifs anciens où il faudrait repenser l'ensemble des canalisations. Un peu de terrain pour y adjoindre une cuve de récupération, une pompe, un bon élément de traitement et de filtration pour distribuer l'eau de pluie dans toute la maison et nous voilà équipé pour consommer l'eau différemment. On estime environ à 108000 litres par an la quantité d'eau récupérable de la toiture d'une maison de 100 mètres carré au sol avec un toit en tuile. Soit 80 % des besoins annuels en eau potable d'une famille de 4 personnes.
Economique et écologique, la récupération des eaux de pluies devient année après année un peu plus attrayante. Entre sécheresse et augmentation du coût de l'eau du robinet, ce comportement éco-citoyen tend à faire de plus en plus d'adeptes.
RECUPERATION DE L'EAU DE PLUIE
Philippe BOURY, pour la Rédaction.