
Le roundup revient sur la scène médiatique à la faveur d'une étude très critique menée en Argentine et démontrant sa toxicité.
Nous sommes loin de la réclame arguant de l'innocuité pour l'homme de ce désherbant et pour laquelle la firme Monsanto a été condamnée, en France et aux Etats-Unis, pour publicité mensongère.
Un désherbant utilisé très largement par les jardiniers amateurs depuis de nombreuses années et dont l'usage agricole a fortement progressé aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, couplé au soja OGM qui tolère son principe actif.
S'appuyant sur une étude menée sur des embryons,
les chercheurs du Conseil national de recherches scientifiques et techniques argentin, et de la faculté de médecine de l'université de Buenos Aires affirment que le glyphosate est hautement toxique. Des concentrations infimes, même à des doses très inférieures à celles utilisées dans les fumigations, provoqueraient, selon eux,
des troubles intestinaux et cardiaques, ainsi que des malformations et des altérations neuronales. Des résultats qui semblent concorder avec la réalité, comme dans le village
d'Ituzaingo-Anexo, dans la province de Cordoba, où sur
5000 habitants, on recense
plus de 200 cas de cancers et de nombreux cas de malformations de foetus, de problèmes hormonaux et respiratoires. Les mouvements paysans et les communautés indigènes, qui dénoncent depuis des années en Argentine les effets nocifs pour la santé du glyphosate, principe actif du Roundup, sont ainsi confortés par les résultats de cette étude. Une étude qui n'est pas en soit une nouveauté, les effets toxiques du glyphosate ayant déjà été dénoncés par
le biochimiste français Gilles-Eric Séralini. Un glyphosate qui n'est pas seul en cause, les ingrédients inertes qui facilitent l'application du Roundup étant eux-mêmes d'une grande toxicité.
C'est le cas du POEA, un agent surfactant, mais aussi de l'Acide aminométhylphosphonique, et de l'isopropylamine. La culture du soja transgénique a été autorisée par le gouvernement argentin sans études préalables. Depuis, l'Argentine est devenu le troisième exportateur mondial de soja, après les Etats-Unis et le Brésil.
La forte hausse du prix du soja sur le marché mondial a provoqué une fièvre de « l'or vert » chez les agriculteurs argentins qui se sont lancés dans la culture du soja Roundup Ready.
L'OGM occupe 17 millions d'hectares de terres, soit la moitié de l'ensemble des surfaces agricoles cultivées en Argentine, et représente désormais 99 % de la culture du soja. Ce soja permet des épandages du pesticide par avion directement sur les champs en culture. Des épandages de Roundup qui, bien souvent,
n'épargnent pas les habitations situées à proximité des champs. Un Roundup dont la toxicité pour la santé humaine ne semble plus faire de doute, et qui, à contrario, est en train de perdre son efficacité de désherbant.
En effet, une amarante résistante au glyphosate a fait son apparition, contraignant les agriculteurs américains de l'Etat de Géorgie à abandonner 5 000 hectares de culture de soja transgénique, alors que 50 000 autres sont gravement menacés par cette plante envahissante.
La nature a, semble-t-il, trouvé le moyen de nous inviter à nous passer enfin de cet herbicide et du même coup, de l'OGM qui le tolère. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.