
L'avènement de l'agriculture intensive et des intrants chimiques qui lui sont indispensables nous avait fait oublier un peu vite que la nature est faite d'interactions, et que dans ce domaine en particulier, ces interactions pèsent sur la qualité d'une récolte. Réhabilitée avec l'émergence du bio, la façon dont les plantes vont interagir entre elles, et comment elles peuvent améliorer ou réduire le rendement d'une plantation, font l'objet d'études et d'ouvrages destinés en particulier aux jardiniers amateurs.
Parmi ceux-là, j'ai choisi de vous présenter
« Plantes compagnes au potager bio » de Sandra Lefrançois et Jean-Paul Thorez, chez Terre vivante. Les auteurs font dans ce livre un point sur les connaissances actuelles, les mettant en perspective en s'appuyant sur de nombreux retours d'expériences de jardiniers.
Sandra Lefrançois est médiatrice scientifique dans le domaine de l'environnement, elle a créé et animé des activités pédagogiques sur le jardinage et les plantes.
Jean-Paul Thorez, quant à lui, est ingénieur agronome, Directeur-adjoint de l'Agence régionale de l'environnement de Haute- Normandie, et comme journaliste spécialisé dans le jardinage bio, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur ce thème.
Mettant leurs compétences en commun, ils ont réussi à proposer un ouvrage alliant pratique et théorie, complet précis et illustré.
Les plantes compagnes sont une réalité dans la nature, mais au potager, c'est le jardinier qui décide
où seront semer telles ou telles cultures, et ce qu'elles auront dans leur voisinage immédiat. Et ses choix seront fondamentaux s'il travaille en bio, tant les plantes se détestent ou s'aiment, abritent des insectes auxiliaires ou font fuir des ravageurs, protègent leurs voisines des maladies, ou favorisent le butinage.
En tout, 10 bonnes raisons d'associer les plantes qu'énumèrent les auteurs. Mais marier les plantes, c'est bien, mais comment s'y prendre ? Sandra Lefrançois et Jean-Paul Thorez décrivent
7 règles d'or à respecter si l'on veut réussir ces associations. Parmi elles, le respect du calendrier de culture, car le voisinage se fait aussi dans le temps, ou encore, la prise en compte des besoins essentiels des cultures, en terme d'eau, de lumière, d'espace, car l'association entre plantes ne s'arrête pas à leur tolérance réciproque.
On le voit, donner à son jardin les moyens de prospérer en bannissant toute substance chimique demande réflexion et observation. Pour mieux si retrouver, la suite de l'ouvrage propose des exemples d'associations et différentes méthodes. Puis ce sont
300 espèces qui sont répertoriées avec leurs spécificités et les associations possibles ou déconseillées.
De quoi passer plusieurs heures à dessiner et redessiner le prochain potager. Bien sûr, vous n'êtes peu être pas jardinier et n'aimait les fruits et légumes que dans votre assiette. Mais peut-être serez-vous alors plus intéressé par un ouvrage sur les cueillettes sauvages sans risques. Mais pour savoir tout ce que la nature recèle de plaisirs gustatifs que l'on peut croiser lors de promenades ou en randonnée, il faudra attendre la semaine prochaine.
En attendant, et pour ceux qui souhaitent tout savoir sur les associations de plantes,
« Plantes compagnes au potager bio » de Sandra Lefrançois et Jean-Paul Thorez, chez Terre vivante, est bien évidemment disponible en librairie, dans les magasins bio, ou sur le site internet de l'éditeur,
www.terrevivante.org Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.