
La catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima, au Japon, a prouvé au monde, si c'était encore nécessaire, que l'énergie nucléaire est dangereuse, et qu'il est vital d'y trouver des alternatives. Ainsi, après l'Allemagne, qui, par la voix de sa chancelière Angela Merkel, a annoncé sa volonté de sortir du nucléaire d'ici à 2020, c'est maintenant au tour de la Suisse de repenser son système énergétique. Ainsi, le gouvernement helvétique a annoncé la semaine dernière sa volonté de sortir progressivement du nucléaire.
Aujourd'hui, cette énergie fournit à la Suisse 40% de son électricité, produite par 5 centrales. Le Conseil fédéral helvétique souhaite les fermer une à une, et ce à partir de 2019.
La décision définitive devrait être prise par les députés au début du mois juin. Si le Parlement suit l'avis des sept membres du gouvernement fédéral, les cinq sites devraient tous être arrêtés d'ici à 2034.
D'ici là, la Suisse devra assurer son approvisionnement en développant davantage les énergies alternatives comme l'hydro-électricité, le solaire et l'éolien. Les énergies renouvelables sont déjà bien intégrées dans le système énergétique du pays, puisque l'hydraulique fournit à ce jour plus de la moitié de l'électricité produite en Suisse, soit environ 56%. Cette sortie du nucléaire pourrait aussi passer par le développement de centrales de cogénération à gaz et bien évidemment, par la mise en place de plans d'économie d'énergie.
Cette annonce est largement soutenue par la population helvétique, puisque 80% des Suisses approuvent la décision prise par les autorités, selon un sondage paru dimanche. Ils étaient d'ailleurs plusieurs milliers à manifester contre le nucléaire, la semaine dernière dans le nord de la Suisse…
Environ 85% des Suisses se disent par ailleurs favorables au passage aux énergies renouvelables.
Et 64% sont même près à voir leur facture énergétique grimper d'environ 15%, une hausse qui correspond aux évaluations faites par l'Office fédéral de l'énergie.
Le nucléaire, au menu des débats du G8 de Deauville, continue de diviser les Européens. Car si l'Allemagne, l'Italie, et maintenant la Suisse prône une sortie progressive de cette énergie, la France, avec 80% de son électricité produite par le nucléaire, semble loin d'être prête à emprunter la même voie que ses voisins.
Caroline Langlois, pour la Rédaction.