
Je vous en ai parlé la semaine dernière, je vous propose aujourd'hui de découvrir une femme extraordinaire, au travers de son autobiographie :
Wangari Maathai.
Peu d'entre-nous connaissent son nom et j'en faisais parti jusqu'à ce que l'on me donne ce livre en me disant : « lis ça, tu vas voir, c'est magnifique ! »
Et pourtant, cette petite paysanne née en 1940 sur les Hautes Terres du Kenya est devenue
Prix Nobel de la Paix en 2004. « Celle qui plante les arbres », édité en 2007 par les Editions Héloïse d'Ormesson, est « un témoignage poignant des défis et des réussites de l'Afrique moderne ». Ce n'est pas moi qui le dit, même si je suis en plein accord avec cette description, mais
Bill Clinton, ancien Président des Etats-Unis.
Cette biographie est aussi et surtout un regard africain porté sur ce continent, sur son histoire, sur ses richesses, mais aussi sur ce que le colonialisme en a fait, et sur les travers que toute démocratie trop jeune ne manque pas d'engendrer. C'est l'histoire d'une lutte acharnée pour le droit des femmes, la liberté et le plus naturellement du monde, la préservation de l'environnement et de ses ressources. Et c'est peut-être cela le plus troublant.
L'écologie est née en Afrique comme en Europe, comme une évidence éclot un matin après avoir longtemps été présente en nous. Certes,
Wangari Maathai, biologiste enseignante à l'Université, a fait ses études aux Etats-Unis, ce qui lui a permis de prendre un certain recul, mais le mouvement écologiste qu'elle a initié et porté au Kenya puis en Afrique dès le milieu des années 70, rassembla très vite des milliers de femmes. Le mouvement de la ceinture verte, ainsi intitulé car il a pour vocation de protéger et reboiser les forêts, a,
en 30 ans, planté quelques
30 millions d'arbres. Une vraie leçon pour nous, européens. Et cette lutte ne fut pas un long fleuve tranquille. Après le retrait des colons britanniques et l'indépendance en 1963, le Kenya tenta l'aventure démocratique, mais sans garde-fou, le régime sombra très vite dans la corruption et le totalitarisme. Militante acharnée, elle connut brutalités policières et incarcérations arbitraires. Mais jamais sa détermination ne fut entamée.
Les 380 pages de ce livre poignant nous ouvrent les portes d'une Afrique que nous ne connaissons pas suffisamment. Une Afrique qui a perdu ses repères avec les traditions que nous, Européens, lui avons arrachées, pour en faire un Monde à notre image. Mais une Afrique pleine de ressources que certains, comme Wangari Maathai s'ingénient à faire respecter, par le pouvoir politique, les industriels, et les africains eux-mêmes.
Un livre essentiel qui montre combien ce continent est porteur de valeurs profondes et fondamentales, des valeurs de respect des autres et de la nature, resté gravées au fond de sa mémoire. Celle qui plante les arbres, de Wangari Maathai, édité par les Editions Héloïse D'Ormesson, est disponible, dans les meilleures librairies.En savoir plus
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.