Véritable symbole du monde des glaces, l'ours polaire est ainsi menacé et pourrait devenir le premier mammifère à être déclaré officiellement en danger à cause du réchauffement climatique. Selon le WWF, la zone recouverte par la banquise d'été dans l'Arctique, se réduit déjà de 9,2% par décennie et pourrait disparaître entièrement d'ici à la fin de ce siècle. Pour les plus grands prédateurs des lieux, ce constat est alarmant et nombre de chercheurs ont déjà tiré le signal d'alarme. Alors que la population des ours blancs est estimée à environ 27000 individus, dont 15000 vivant sur le territoire canadien, leur nombre diminue de manière inquiétante. Ainsi, dans la vaste région canadienne de Churchill, on estimait qu'il y avait environ 1200 à 1600 plantigrades sauvages au milieu des années 1990 et qu'ils ne seraient plus aujourd'hui qu'environ 950. Autre constat inquiétant, des chercheurs ont noté que le poids moyen des femelles adultes a diminué de près d'un quart au cours des 25 dernières années. Les ours ont en effet de plus en plus de mal à chasser les phoques du fait de la disparition de la banquise et certains cas de cannibalisme ont même été observés dernièrement. Du jamais vu en 25 de recherches sur ces grands mammifères! En outre, de nombreux spécimens meurent noyés chaque année. Pourtant réputés pour être d'excellents nageurs, les ours blancs se montreraient incapables de parcourir les distances entre des îles autrefois bien plus proches les unes des autres, grâce aux étendues de glace, et nageraient jusqu'à épuisement de leurs forces. Ayant de plus en plus de mal à se nourrir, ces grands prédateurs prennent en outre la mauvaise habitude de se rapprocher de plus en plus des villes situées sur leur territoire. Ils y trouvent nombre de déchets capables de combler leur appétit, mais leur présence représente un véritable danger pour les populations locales. Les autorités essayent de les chasser de la périphérie des villes et ont même créé une prison pour ours afin de les garder en captivité durant l'hiver, avant de les relâcher loin de là au printemps. Seul point positif pour le grand ours blanc, la sympathie qu'il suscite auprès des humains, notamment au Canada et aux Etats-Unis. |

C'est ainsi que le gouvernement américain, sous la pression de nombreuses associations écologiques vient, à contre cœur, de proposer l'inscription des ours blancs sur la liste des espèces menacées. Ce grand carnivore deviendrait ainsi, officiellement, le premier mammifère menacé d'extinction à cause du réchauffement climatique. L'étape suivante serait que les Etats-Unis décident de réduire leurs émissions de gaz à effets de serre, mais ce dernier point est loin d'être acquis puisque le gouvernement américain n'a toujours pas reconnu le lien entre ces gaz et le réchauffement de la planète. Quoi qu'il en soit, les menaces qui pèsent sur les ours pourraient influer sur certaines décisions capitales. La sympathie et la fascination qu'ils suscitent peuvent amener certains gouvernements à modifier leurs positions. C'est en tout cas ce que l'on peut souhaiter, car les rois de la banquise ne sont pas les seuls animaux victimes du réchauffement dans ces régions polaires. Caribous et autres oies des neiges, notamment, risquent aussi de voir leur habitat durablement modifié au cours des prochaines années, sans qu'on puisse déterminer quel impact ces changements auront sur leurs populations. Une chose est sûre, selon la revue scientifique Nature, c'est que nombre d'espèces de plantes, d'insectes et d'animaux situées plus au Sud ont déjà commencé à migrer vers le Nord, au rythme de 6 kilomètres par décennie. C'est donc un bouleversement total de l'écosystème du grand Nord qui se prépare. Un exemple frappant de ce qui pourrait bien se passer sur l'ensemble du globe si l'on ne prend pas rapidement des mesures radicales pour limiter le réchauffement de la planète. vincent, pour la Rédaction. |