Le tourisme dans le monde est une activité très lucrative. En 2006, ses recettes représentaient 2 milliards de dollars par jour, soit environ l'ensemble des richesses produites par le Togo la même année Cette ressource pourrait être un formidable facteur de développement pour les pays les plus défavorisés. Sauf que les tours operators et les voyagistes récupèrent près de 80 % des recettes. Le reste seulement va au pays d'accueil. |
C'est de ce constat qu'est née l'idée d'un tourisme plus solidaire. Le concept est directement inspiré du commerce équitable. Vous savez, quand vous achetez du café labellisé "commerce équitable", cela signifie que vous avez la garantie que le producteur, au bout de la chaîne, a été rémunéré à un salaire fixe, à hauteur de son travail, et non en fonction des cours mondiaux du café. Cela veut dire aussi que du producteur au consommateur, on a réduit la chaîne des intermédiaires Pour les voyages c'est pareil. Des associations se sont constituées dans les années 90 pour proposer une autre manière de voyager. C'est le cas d'Ecotours. Son fondateur, Henri Rosenberg est un amoureux de l'Amérique Latine et du Nicaragua en particulier. En 1996, il crée une association pour faire partager sa passion des voyages et sa manière de voyager. Il s'agit de faire du voyage un prétexte à la rencontre plus qu'un acte de consommation. Le logement se fait donc chez l'habitant. Les circuits sont organisés par des guides locaux. Et tout le village s'implique dans le projet. Les hôtes sont donc les principaux bénéficiaires de ces séjours. Et pour cause, le confort et le mode de vie sont ceux des populations locales. Pas de piscine à bulles ni d'hôtel 4 étoiles. Les marges dégagées, elles, sont minimes. La communauté villageoise, le guide, les intermédiaires locaux se partagent donc 35 % du prix du voyage environ. Près de 40 % servent à payer l'avion. L'association touche autour de 20% pour ses frais de fonctionnement et 3 % sont systématiquement versés à un fond de développement local. Ce fond est ensuite utilisé selon les besoins de la communauté villageoise. |

Il participe au financement de projets des partenaires locaux: construire une école, soutenir l'alphabétisation, élaborer des écologements... Cette "juste" rémunération n'entraîne même pas de surcoût par rapport à un voyagiste classique. Quinze jours à la découverte des lacs et volcans du Nicaragua vous coûteront 2080 euros, repas logement et voyage compris, et une partie financera la construction de gîtes. On retrouve la même ambition chez Vision du monde. Cette association privilégie des voyages plus longs: pour laisser au voyageur le temps de s'approprier le voyage. Et non de consommer ce qu'on lui propose. Un séjour au Pérou et en Bolivie sur près d'un mois, vous reviendra à 3200 euros en pension complète. 3% de cette somme seront affectés à la création d'une cantine et d'une crèche dans un bidonville. Vision du monde a vu le jour en 1993, à la suite d'une rencontre entre un groupe de français et des paysans marocains de l'Atlas qui voulaient valoriser leur région. Depuis elle a élargi son champ d'action et propose une dizaine de destinations en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Tous les séjours sont élaborés à la demande des populations locales. Pour plus d'informations sur ces associations: www.ecotours.fr et www.visiondumonde.org (Photo: Irrigation agricole à Aït Ayoub Maroc) Grégory, pour la rédaction En savoir plus... En savoir plus... gregory, pour la Rédaction. |