
Le Forum mondial de l'eau s'est terminé ce dimanche journée mondiale de l'eau, à Istanbul avec la traditionelle déclaration ministérielle.
Un texte décevant aux yeux de nombreux pays puisqu'il ne reconnait pas l'accès à l'eau à l'eau potable et à l'assainissement comme un droit.
Le miracle n'aura donc pas eu lieu. Les ministres ont confirmé les déclarations du précédent forum de Mexico en réaffirmant que l'eau est un besoin. Mais sans aller plus loin. C'est à dire de faire de l'accès à l'eau potable un droit, comme le réclamaient les ONG.
Une position décevante selon plusieurs pays d'Afrique, d'Amérique latine ainsi que l'Espagne et la France qui ont tenté en vain de modifier le texte jusqu'au dernier moment.
La secrétaire d'Etat française à l'écologie, Chantal Jouanno s'est même dite déçue et choquée devant le manque de mobilisation politique.
Mais ce document final ne fait même pas consensus.
Selon un député vénézuélien, une vingtaine de pays a signé une déclaration dissidente. Parmi eux l'Espagne, l'Afrique du Sud et le Bangladesh.
C'est donc une texte a minima qui a été présenté par les ministres: qui appelle toutefois à modifier les modes de consommation d'eau, en particulier dans l'agriculture, et qui iniste sur la nécessité de collecter et de traiter les eaux usées.
Une déclaration qui est loin de refléter le foisonnement d'idées et de débats de ce forum. Et qui montre aussi le manque de volonté politique face à un enjeu mondial.
L'eau reste la première cause de mortalité dans le monde. Un milliard de personne n'ont pas accès à l'eau potable et 2milliards et demi n'ont pas d'accès à un réseau d'assainissement. Et ce chiffre risque de s'aggraver à l'avenir avec une population qui atteindra les 9 milliards d'habitants en 2050.
Autre enjeu: le risque des guerres de l'eau dans les régions désertiques, en Palestine notamment. Et sur ce point non plus la déclaration n'a pas été convaincante selon les ONG.
Le bilan est donc un peu amer et peu de particpants partagent la conclusion du ministre turc de l'environnement, pour qui cette déclaration servira de repère. La plupart restent plutôt sur leur soif.
Grégory LESCA, pour la Rédaction.