La ville ne nous appartient plus. C'est le constat que dresse
le Collectif de Réappropriation de l'Espace, le CREP, basé à Strasbourg. Le diagnostic, partagé par les membres de ce collectif, est que la ville, les murs, la rue, les places, sont accaparés par l'univers marchand. Difficile de trouver encore un espace vierge de tout appel à la consommation, déserté par la voiture, ou même, pour certaines villes, exempt de toute vidéosurveillance.
Pour le collectif strasbourgeois,
la ville est devenue le règne de l'individualisme. Un état qui découle de la société actuelle où nous nous réfugions dans l'accumulation de biens dont nous n'avons pas forcément l'utilité.
Repliés sur soi derrière des murs… Société du toujours plus… Plus de choses à faire… Plus vite… Circuler toujours plus, consommer toujours plus…
Face à cette frénésie destructive, le CREP l'affirme :
la rue est à tout le monde et nous n'avons pas besoin d'autorisation pour habiter nos quartiers. Ils appellent donc à lutter contre la standardisation de nos façons de vivre : aller moins vite, prendre le temps pour vivre ici, autrement.
Le 10 juin dernier, ils se sont ainsi symboliquement installés sur des places du parking St Thomas de Strasbourg. Une place de stationnement, à défaut d'être réellement un espace public – quoique – est en tout cas un espace qui peut-être loué, quelques heures, moyennant de s'être acquitté de quelques pièces lâchées dans l'horodateur.
Si cet emplacement est dévolu à la voiture,
rien n'empêche celui qui n'a pas le précieux véhicule de « louer » l'espace. Un transat, une serviette de plage, quelques plantes, un hamac pourquoi pas, ou encore un mini jardin, les idées des facétieux militants strasbourgeois ne manquent pas et ont le mérite d'affirmer la nécessité de se réapproprier l'espace public.
Au-delà de cette action symbolique, le collectif est partisan de repenser la ville de demain. Pour des raisons écologiques évidentes, il est préférable de ramasser les cités, qu'elles soient plus denses, avec des transports en communs développés, plutôt que de continuer avec l'étalement urbain des grandes métropoles qui vouent un culte à la voiture.

Ralentir la ville. C'est le crédo des partisans de la décroissance. En finir avec ces mégapoles, temple de la consommation, et laisser la place à la ville anti productiviste, conviviale, qui remet l'homme au cœur de la cité. Un nouvel aménagement du territoire qui est le cœur d'un dossier spécial de la revue Le Sarkophage, le bimestriel de la décroissance. Nous y reviendrons.
Ralentir la ville, c'est aussi l'idée de la Journée Escargots du 26 juin prochain, au Havre. Parce que la croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité, le Collectif Havrais des Objecteurs de Croissance, organisateurs de la journée, invite chaque citoyen à les rejoindre sur l'un des lieux de cet évènement.
La journée commencera par une heure de Silence Havraise dans les jardins de l'Hôtel de ville, suivi d'un pique nique en centre ville. Et une messe à la consommation aura lieu devant le centre commercial Coty…
Puis, chacun est invité à payer une place de parcmètre et à s'y installer en lieu et place d'une voiture, comme cela a été fait à Strasbourg…
Enfin, la journée se terminera par un concert de soutien au « Camp Action Climat », une action de masse de blocage de la raffinerie Total de Gonfreville-Lorcher, qui se déroulera du 22 juillet au 1er août.
Présentation de la CREP
Collectif havrais d'Objecteurs de Croissance
Parti pour la décroissance / Le Havre 2010
Camp Action Climat
Le Sarkophage
Pour une réappropriation de l’espace public
Philippe BOURY, pour la Rédaction.