L'Amérique peut désormais se nourrir d'animaux issus du clonage… L'accord a été officiellement donné par la Food and Drug Administration (FDA) en janvier dernier, mettant ainsi officiellement fin à la polémique sévissant sur les risques pour la santé humaine de la consommation d'animaux ou autres produits clonés. D'études en études, à en croire l'Administration, il n'y aurait donc pas plus de risques à consommer de la viande et du lait provenant de bovins, de porcs et autres chèvres clonés, (et de leurs progénitures), que de consommer des animaux d'élevage nés et conçus dans des conditions naturelles… L'agence sanitaire américaine est formelle, « il n'y a pas plus sûr pour la consommation humaine ». |
Il semblerait pourtant que tout le monde de l'entende pas ainsi, c'est le cas du Ministère de l'Agriculture qui souhaite que « le monde de l'élevage ayant recours au clonage maintienne le moratoire volontaire sur la commercialisation des animaux clonés, durant une période restant (encore) non définie ». A ce jour, les sociétés usant de ces techniques sont encore loin d'être les plus nombreuses Outre Atlantique, mais la question est bien de savoir si ce nouvel élément, cette autorisation, va changer la donne sur les habitudes des consommateurs, et en combien de temps ? Pour les spécialistes, « il faudra encore au moins cinq ans avant que les consommateurs puissent acheter des produits d'animaux clonés dans les supermarchés »... Plus près de chez nous, l'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire semble aller dans le même sens, affirmant « qu'il n'y a probablement pas de différences entre les produits issus d'animaux clonés, et ceux provenant du bétail conventionnel… » T ant que le consommateur aura le choix… Difficile à ce jour de savoir si la nourriture clonée sera meilleur marché que celle que nous connaissons aujourd'hui ? Des questions se posent déjà quant à l'accueil qui lui sera réservé, (au tout début tout du moins), par les consommateurs plutôt méfiants quant il est question de leur assiette. Il y a deux ans une enquête menée auprès de professionnels de l'alimentaire aux Etats-Unis, montrait que 65 % des Américains y étaient effectivement hostiles. Quant à l'impact que pourrait avoir les produits alimentaires clonés sur les exportations dans un secteur aussi important que l'agro-alimentaire, en France notamment, mais aussi dans le monde, là encore les zones d'ombre ne manquent pas. |
Reste à espérer que des critères objectifs pourront faire basculer la balance du bon côté. De tout façon, il y aura un marché pour ces viandes et autres laitages « multipliables à souhait », puisque d'origine clonée. N'oublions pas que la vraie question reste à ce jour de savoir comment nourrir dix milliards d'individus dont un grand nombre avec un nouveau pouvoir d'achat, par exemple dans les pays émergents, et qui veulent déjà « c onsommer à l'occidental… » Fabrice HUBERT, (Economie et Environnement) sources : LEMONDE.FR avec AFP | 15.01.08
fabrice, pour la Rédaction. |