
La Culture est omniprésente et se décline au pluriel à Toulouse, mais pour la présente chronique rendons-nous au cimetière Terre Cabade ou Terre retournée.
Ici, les gens défilent en grand nombre devant la dernière demeure de «
Santa Héléna », de sa vraie identité Hélène Soutade, décédée le 11 août 1885 à l'âge de 48 ans, à 50 ans pour d'autres sources.
Peu importe ! Ce qui se dit à son encontre relève à la fois du fantastique, du merveilleux, de l'insolite et du mystérieux le plus complet : elle fut déterrée plusieurs années après sa mort et on la retrouva intacte dans son linceul !
A dire vrai, «
sainte Héléna » n'est pas une sainte qui fut officiellement désignée par l'Eglise en tant que telle, mais elle a reçu la «
canonisation populaire » !
Dès lors, d'où vient ce culte populaire à l'encontre d'Hélène Soutade ?
Institutrice travaillant chez les religieuses de la Sainte Famille, aimant les enfants et étant de bon conseil auprès des parents, elle aurait été touchée par la grâce divine au point que deux (ou quatre) colombes auraient suivi le cortège funèbre la conduisant au cimetière.
Une photo nous présente aussi un visage associé à une couronne royale et à une croix. En vérité, il s'agit de sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin (photo), qui découvrit la Vraie Croix à Jérusalem, selon la tradition.
Confusion ? Manipulation ? Naïve mise en scène ?
Encore une fois, peu importe, disent ses fans ! Comme elle était institutrice, on fit d'Hélène-Héléna la «
sainte des enfants » et, dans la foulée, on la prie pour être en bonne santé, pour avoir du travail, pour gagner beaucoup d'argent, pour (re)trouver l'amour…, comme l'indiquent de multiples messages écrits sur des bouts de papier, tickets, fiches…
Il se dit que des gens furent guéris de maux, parfois «
incurables », grâce à l'intercession d'Héléna. Alors, tout autour de ce culte, non officiel, pour rappel, tourne une activité parallèle, certaines personnes assurant détenir d'elle le message d'aider les gens, par exemple.
On parle, parfois aussi, de site maudit, de pouvoirs étranges, de relique au fluide malsain, et, qu'il s'agirait d'une Gitane (avec toute la connotation négative qui entoure cet aspect), sorcière de surcroît !, qui reposerait dans la tombe et non d'Hélène Soutade…
Quoi qu'il en soit, cette tombe devrait être le siège d'une apparition exceptionnelle : Hélène sortira de son cercueil, le corps intact, apparaîtra à tout le monde et prouvera, de la sorte, que l'Eglise a tort de ne pas la canoniser, dit-on en forme de conclusion ou de… clin d'œil.
Pierre Guelff, auteur des deux ouvrages « France Mystérieuse, Insolite et sacrée » aux Editions Jourdan en collaboration avec les PUF et UD Flammarion.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.