
Le 4 novembre prochain, les élections américaines désigneront le 44ème Président des Etats-Unis, départageant le républicain John McCain de son rival démocrate Barack Obama. L'Amérique changera-t-elle alors de politique environnementale ? Rien n'est moins sûr, même si Obama semble sur ces questions plus engagé que le républicain. Car le réalisme à l'américaine a toujours raison des bonnes intentions, les politiques publiques étant là-bas plus qu'ailleurs au service de l'économie.
C'est le pragmatisme qui prévaut. Les américains consomment beaucoup de carburants, la hausse des prix a eu raison des gros 4x4. Mais comment ces gros consommateurs de viande, avec
123 kg par habitants et par an contre 80 en France et 5 en Inde, réduiront la part de steak dans leur assiette ?
L'élevage bovin, qui se pratique à une échelle démesurée aux Etats-Unis,
porte une lourde responsabilité dans le réchauffement climatique en cours. Mais revenons en France pour prendre la mesure du poids relatif de l'agriculture sur le climat.
Alors que dans les années 50, l'impact de l'agriculture était absorbé par la nature, cette activité est à l'origine aujourd'hui
de plus de 20% des gaz à effet de serre. Et pour cause, 1 kg de méthane produit par l'élevage est l'équivalent de 23 kg de CO2 en terme d'effet de serre. Au bout du compte, la production d'un kg de viande de boeuf en élevage intensif
rejette 40 fois plus de gaz à effet de serre que la production d'un kg de protéines sous la forme de soja.
Une équation simple qui montre combien notre comportement alimentaire et le type de production de viande participent au changement climatique.
Bien évidemment, devenir végétarien n'est pas forcement notre destin, mais restreindre notre consommation de viande et choisir des produits issus d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement sont une première réponse à cette problématique.
L'agriculture biologique d'ailleurs, par ses techniques de compostage, d'engrais naturel et de rotation des cultures, favorise la séquestration du carbone, réduisant son impact sur le climat. Et selon la FAO, l'agriculture biologique peut nourrir la planète.
Aussi, le futur président des Etats-Unis, qui ne manquera pas de favoriser les petites cylindrées, de développer les énergies renouvelables et s'il s'agit du Sénateur Obama, de supprimer les subventions allouées aux compagnies pétrolières et gazières, devra trouver le moyen de convertir les habitudes alimentaires de ses concitoyens
s'il veut tenir l'un de ses engagements :
réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 [1], de
80% pour Obama et de
60% pour McCain. Un défi, un rêve, ou plutôt un voeu pieu tant on peut se demander comment cela serait possible au pays du corned beef, des barbecue parties et du hamburger.
D'autant qu'en 2050, l'un comme l'autre, ne feront plus de politique depuis longtemps... [1] par rapport au niveau de 1990.
Sciences et nature : L'élevage devient le principal responsable de l'effet de serre
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.