
La biodiversité est menacée, des dizaines d'espèces disparaissent, ce thème est devenu si porteur que même la presse qui, il y a quelques années encore ne s'en faisait que peu l'écho, s'est faite défenseur de la cause animale.
Que trouvons-nous en se moment dans les médias ? Un article sur le requin blanc de Méditerranée, dont on vient de découvrir qu'il est un lointain cousin de celui d'Australie.
Un autre sur le tigre de l'Amour, ou tigre de Sibérie, dont un spécimen vient d'être abattu par des braconniers à quelques jours de l'ouverture d'un sommet international consacré à sa protection.
Et puis la reconnaissance en tant qu'espèce à part entière d'une chauve-souris de 3,5 grammes, découverte en 1979, et dont les secrets risquent fort de disparaître avec son habitat en Equateur, menacé par la déforestation.
Espèces emblématiques, visibles, curieuses, les baleines, girafes, lion, et plus près de nous ours, hérissons, ou encore certaines orchidées sauvages, font l'objet de nombreux programmes de protection, sauvegarde ou réintroduction, médiatisés pour le meilleur ou pour le pire, partout sur la planète.
Et pourtant, la base, le fondement même de la vie est piétiné, pollué, stérilisé, sans que personne ne sans émeuve, je veux parlé des sols. Car la terre est un milieu vivant indispensable à la vie de la flore, et les techniques agricoles modernes ne vont pas dans le sens de sa bonne santé.
Claude Bourguignon est agronome. Il a quitté l'INRA parce que, explique-t-il, on lui a demandé de se taire lorsqu'il expliquait aux agriculteurs qu'ils étaient en train de tuer leurs sols.
Il fait l'objet d'une vidéo [1] diffusée sur internet dans laquelle il dénonce le silence des autorités et des professionnels sur la dégradation de la biomasse, alerte qu'il a lancé dès les années 70.
Selon ses études, 90% de l'activité microbiologique des sols en Europe a été détruite.
En voici un extrait. La partie se joue aussi et même peut-être surtout au niveau des sols, tant ils jouent un rôle majeur dans le cycle de la vie. Au-delà des enjeux agricoles, qui concerne l'humanité, c'est l'impact sur la biodiversité visible qui doit être évalué, car de lui dépendra le seuil de dégradation des sols au-delà duquel l'effondrement des espèces sera irréversible. [1] Cette vidéo est un extrait du film " Alerte à Babylone " de Jean Druon au éditions Voir et Agir.
La vidéo sur Daily Motion
Le Site du LAM
Editions Voir et Agir
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.