
La grippe, la gastroentérite, ou même un simple rhume, comme celui que je viens d'attraper, font leur grand retour à l'occasion de l'hiver. Des épidémies bien connues de notre population, et qui savent profiter de la proximité des organismes dans les transports en commun, les magasins, et à l'occasion des fêtes de Noël et de fin d'années. Mais doit-on craindre d'autres épidémies à l'avenir, à la faveur du bouleversement climatique annoncé ? Les avis sont partagés, avec pourtant une seule certitude : tout est envisageable.
On entend :
le réchauffement climatique pourrait permettre aux vecteurs du paludisme de se développer dans le Sud de la France. Une affirmation sans réel fondement, d'autant que les vecteurs en question, sont présents non seulement dans le Sud, mais aussi dans le Nord,
à Paris, par exemple. Ils n'ont besoin que d'un plasmodium, parasite protozoaire, pour devenir vecteur du paludisme. Heureusement, la Malaria, autre nom du paludisme, n'est pas présente sur notre sol, d'où l'absence d'épidémie. Mais à la faveur d'un voyage, un individu porteur du parasite peut devenir un foyer infectieux, à partir duquel les anophèles, moustiques qui propagent le plasmodium, dissémineront la maladie.
C'est déjà arrivé un peu avant guerre, dans le Roussillon, à l'occasion de l'arrivée des républicains espagnols dans cette région. Mais les anophèles ayant besoin d'un milieu humide et chaud pour proliférer, un changement climatique pourrait leur être favorable, comme défavorable. Leur multiplication pourrait conduire à des épidémies plus rapides, si le milieu se réchauffe. Mais de la même façon, un assèchement provoqué par une baisse du niveau des pluies conduirait à une baisse de leur population et donc une réduction de leur potentiel épidémique.
C'est la raison pour laquelle l'incertitude est si forte. Plus proche de nous, les infections nosocomiales, celles contractées à l'hôpital, sont susceptibles d'augmenter si la température moyenne augmente. En effet, des études ont montrées qu'elles progressaient lorsque la température augmente, conduisant les hôpitaux à réduire leur activité chirurgicale en été.
Les déplacements de populations, qu'il s'agisse de tourisme ou d'immigration, reste le premier facteur de risque de voir apparaître une épidémie depuis longtemps disparue sur notre territoire. Des épidémies dont l'ampleur sera fonction de plusieurs critères :
la présence et le potentiel des populations de vecteurs de maladies, comme les moustiques, les puces, ou encore les mouches,
l'accès aux soins, et
le niveau de propagation, dans les populations de parasites, de résistances aux antibiotiques. A l'échelle mondiale, l'aggravation actuelle, induite par
la pauvreté et la difficulté d'accès aux soins, à l'alimentation, à l'énergie, devrait se poursuivre, à la faveur de l'amplification des catastrophes météorologiques. Et les épidémies se déplacer, disparaissant de zones devenues arides et s'installant là où l'environnement leur sera devenu favorable.
Ce qui est sûr, c'est que nous sommes face à de trop nombreuses incertitudes pour prévoir localement une évolution sanitaire. L'improvisation pourrait bien devenir le maître mot pour les professionnels de la santé. En attendant, je vais soigner ce rhume et je vous souhaite de passer, de bonnes et saines Fêtes de Noël.
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.