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La relance du nucléaire est-elle durable?

SCIENCES ET NATURE
Chronique du 24-01-2007

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
La situation climatique commence à inquiéter l’opinion publique. S’appuyant sur l’absence de rejet de gaz à effet de serre de son industrie, l’énergie nucléaire refait surface dans les stratégies énergétiques de nombreux pays. Opportunisme, vraie solution de recours, lobbying, quelque que soit la réalité de ce retour en grâce auprès des politiques, de nombreuses questions restent posées sur son bien-fondé.

Pour mieux comprendre les enjeux, rappelons quelques chiffres. La part nucléaire dans la production énergétique mondiale est de 6%. Elle est fournie par environ 500 réacteurs répartis sur l’ensemble du globe. Pour répondre à 50% de nos besoins, il faudrait mettre en place un parc de 6.000 réacteurs, qu’il faudra doubler dans 50 ans, alors que la demande aura atteint 24.000 GigaWatts.
Chaque réacteur produisant 200 kg de plutonium par an, l’industrie nucléaire aurait alors à traiter et à stocker 2400 tonnes de ce déchet hautement radioactif par an. Une gestion à haut risque et à long terme, puisqu’il suffit d’un millionième de gramme de Plutonium pour tuer un homme, et que la demi-vie de ce radionucléide est de 100.000 ans. S’il on précise que sa masse critique est inférieure à 500 grammes, il est aisé d’imaginer les problèmes que poserait un tel parc de réacteurs.
D’autant que les réserves mondiales d’Uranium 235 ne nous permettrons pas de les faire fonctionner au delà de 2100.
Ces difficultés sont balayés par le lobby nucléaire qui rappelle que les surgénérateurs du type Superphénix fonctionnent avec de l’Uranium 238, bien plus abondant, et peuvent recycler le plutonium.
Il faut hélas constaté qu’à l’image de l’EPR, nous ne construisons pour le moment que des réacteurs dits à neutrons lents, dont le combustible est l’uranium 235, et que les contraintes techniques qu’imposent la fiabilisation et la sécurité des surgénérateurs sont loin d’être levés. Fonctionnant à plus de 500 °C et étant refroidis par du Sodium liquide, ils laissent perplexes bon nombre de spécialistes de la question. Leur avènement ne pourrait toutefois pas nous garantir de l’énergie au delà de 4 millénaires d’exploitation, l’Uranium 238 n’étant pas une ressource inépuisable.

Les deux derniers arguments des industriels sont le faible coût et l’indépendance énergétique.

Le démantellement des centrales est au coeur de cette évaluation. EDF indique que ce surcoût a été provisionné, sans préciser à quelle hauteur. En réalité, personne ne peut vraiment répondre à cette question, car nous manquons de recul. Mais l’immobilisation des installations le temps que baisse la radioactivité dans l’enceinte des réacteurs, les précautions à prendre et la gestion des produits du démantellement ne manqueront pas de faire monter l’addition.

Quant à la question de l’indépendance énergétique, elle prend une autre dimension lorsque l’on prend en compte la variable géopolitique sur 4000 ans d’exploitation et le fait que l’Union Européenne ne possède que 2% des ressources mondiales. En effet, rien ne garantie que les pays qui détiennent l’essentiel des ressources nous fourniront toujours dans 2 siècles, 2 millénaires, 3 millénaires…le combustibles dont nous avons besoin.

Pour tout observateur du secteur énergétique, il apparaît comme évident que le nucléaire n’est pas, à l’échelle de l’humanité, la solution d’avenir. Il pourra tout au moins nous permettre d’attendre que les énergies renouvelables prennent le relais des énergies fossiles. Et c’est bien ce qu’on compris à la fois les industriels de ce secteur et la recherche nucléaire. Les crédits alloués en France au développement du nucléaire sont 10 fois plus élevés que pour le renouvelable, ce qui explique peut-être que l’on présente aujourd’hui cette ressource comme la solution face au réchauffement climatique. Des moyens qu’il serait peut-être plus judicieux de placer dans les seules technologies qui ont un avenir : le solaire, l’éolien et la géothermie.

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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Rainglet a écrit le 24-01-2007 : Tout à fait d'accord!!! Juste ajouter que l'objectif doit être l'économie et optimisation de la consommation

rico a écrit le 01-02-2007 : Les déchets produits jusqu'à aujourd'hui devront bien être recyclés un jour. Pour cela il aurait fallu ne pas stopper la construction de super phénix. De plus, le nucléaire traditionnel basé sur l'uranium n'a en aucun cas vocation à durer 4000 ans (!) mais jussqu'à la maîtrise de la fusion nucléaire (testée à iter), qui sera une énergie propre et sûre.

Olivier a écrit le 30-11-2007 : Le recyclage du Plutonium était en effet l'objectif du développement des surgénérateur (réacteur Type 4) comme Superphénix, mais cette technologie n'a pour le moment pas fait ses preuves, Superphenix n'a pas donné les garanties attendues. Il est à craindre que ces stocks nous restent sur les bras. Quant à la fusion, elle est encore plus théorique que le fonctionnement des réacteurs à neutrons rapides (type 4) et bon nombre de spécialistes la considèrent comme techniquement impossible à maîtriser. Qui a raison? Difficile à dire. Par contre, mettre tous les moyens financiers dans le nucléaire, c'est risquer de se retrouver un jour (50 à 100 ans) à la bougie !


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