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Les algues vertes, des nitrates et des cochons

ECO-MER
Chronique du 24-08-2009

Par Matthieu d\'Hauthuille
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LA CHRONIQUE
Le point cette semaine sur les algues vertes qui pullulent en Bretagne.
Et qui sont toxiques. Comme vient de le découvrir, le Gouvernement… Il était temps !

Car, les associations de protection de l'environnement marin, dénoncent, elles, depuis plus de 30 ans, la prolifération de ces algues vertes …méphitiques.
Il suffit de se balader sur le rivage pour s'en rendre compte. A marée basse, les algues entassées, en décomposition, dégagent une odeur âcre qui irrite les voies respiratoires.

L'année dernière deux chiens ont été retrouvés morts, semble-t-il, asphyxiés, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor.
En 1989, on a aussi découvert le corps inanimé d'une personne en tenue de jogging… au même endroit.
Mais, il a fallu attendre, cet été, la mort dit-on « foudroyante » d'un cheval sur cette même plage pour que la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantale Jouanno, commande une étude à l'Ineris, l'Institut national de l'environnement et des risques afin d'évaluer la toxicité de ces algues en putréfaction.
Le résultat, on le connait : ces algues sont inoffensives pour les baigneurs, mais constituent bel et bien un danger mortel, lorsqu'elles pourrissent à l'air libre. Sous l'effet de la chaleur, elle dégage de l'hydrogène sulfuré.
C'est un gaz très toxique par inhalation, qui « peut être mortel en quelques minutes » précise le rapport de l'Ineris.
Du coup, le Premier ministre, François Fillon, est venu sur place pour rassurer.
Enfin, il a tenté de le faire… en s'engageant à ce que l'Etat prenne à sa charge cette année le nettoyage des plages souillées par ces algues.
Il faut rappeler que jusqu'à ce jour, ce sont les services communaux qui tentent d'y remédier, en général en début de saison avant l'arrivée des touristes. Mais ce n'est pas suffisant, la preuve…
Reste que le Premier ministre a aussi annoncé la création d'une mission interministérielle, qui devra, je cite : « dans les trois mois » mettre sur pied « un plan d'action pour lutter contre la prolifération » et « proposer des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population ». Fin de citation.
Ramasser les algues c'est une chose, mais il faut surtout s'attaquer aux causes du problème.
Elles sont bien connues en Bretagne. Ce sont nos amis les cochons, les responsables. Rappelons-le : 60% des cochons élevés en France sont d'origine bretonne. C'est une grosse industrie… polluante. Car les cochons sont de gros producteurs… d'excréments : c'est le lisier, utilisé par les agriculteurs comme engrais dans les champs. D'artichauts, notamment. Résultat : quant-il pleut, ce qui arrive de temps à autre en Bretagne, tout cela ruissèle et finit par enrichir considérablement les cours d'eau en… nitrates. Et ce sont ces nitrates qui favorisent la prolifération de ces algues vertes toxiques sur le littoral.
Le gouvernement a dit prendre « ses » responsabilités. Donc… rendez-vous dans trois mois pour découvrir ce fameux « plan d'action » anti-algues.

Matthieu d'Hauthuille

                Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.



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jean yves a écrit le 27-08-2009 : En Bretagne, le nitrate provient d'un système agricole intensif dans son ensemble. Les lisiers de porcs ne représentent qu'une partie de l'azote apportée sur les sols. Les vaches, les poules et les engrais chimiques apportent aussi des surplus considérables d'azote sur les cultures. En tout il t a 200000 tonnes d'azote en trop en Bretagne par rapport au besoins des cultures. Le transfert de nitrate entre le sol et l'eau se fait essentiellement par lessivage vertical à travers le sol et non par ruissellement de surface. Ensuite il existe des systèmes de cultures qui permettent des fuites de surplus de nitrate dans l'eau: le maïs et les légumes par exemple consomme relativement peu de nitrate et laisse des terrains nus...ce qui permet le lessivage du nitrate quand il pleut.


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