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BIODIVERSITE
Chronique du 24-10-2010

Par Anne-Laurence MAZENQ
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LA CHRONIQUE
La 10 e conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique (CDB), se tient du 18 au 29 octobre à Nagoya. C'est la dernière échéance fixée pour la signature de ce protocole, en négociation depuis 2002. Il doit aboutir sur la rédaction d'un texte qui fixera un cadre international pour la mise en œuvre du partage équitable des bénéfices issus de l'usage des ressources génétiques, qui est en fait le troisième pilier de la CDB.

Présenté comme un outil de lutte contre la « biopiraterie », le protocole entend éviter les accaparations comme celle du célèbre cactus « coupe-faim » utilisé par une communauté en Namibie. Des entreprises privées en ont acquis quelques échantillons via des contrats avec une université d'Afrique du Sud, sans que les détenteurs du savoir traditionnel en perçoivent le moindre dividende. Le protocole prévoit donc qu'une compagnie souhaitant accéder à une ressource génétique devra d'abord obtenir un permis préalable délivré par l'Etat. En cas d'infraction, les gouvernements seraient autorisés à engager des poursuites judiciaires et à sanctionner les coupables.

L'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande sont les principaux opposants au protocole. Aux antipodes, un groupe de pays africains plaide pour l'adoption d'un régime fort et rétroacti. Regroupés au sein du G77, les pays du Sud réclament une multiplication par 10 des financements en faveur de la biodiversité.

Finalement, à y regarder de plus près, ce n'est pas tant la nature et la biodiversité qui seront au centre des discussions à Nagoya mais bien l'argent comme le disent certaines associations qui dénoncent en particulier la généralisation des mécanismes de compensation.
Les mécanismes de compensation, c'est par exemple Generals Motors, qui a passé un accord avec l'État du Parana au Brésil ou elle finance la protection de plusieurs forêts en échange de ses emissions de CO2. C'est encore, Coca-Cola régulièrement pointée du doigt pour des conflits autour de l'eau avec les communautés notamment en Inde. La multinationale s'est lancée dans le concept de « neutralité en eau », et pour chaque litre d'eau utilisé en Inde, une somme d'argent est reversée pour restaurer ou préserver une zone humide ailleurs dans le monde. Ainsi les populations sur place se trouvent démunies et le droit d'accès à l'eau pour tous est bafoué.

Contrairement à la présentation qui en est généralement faite, ls mécanismes de compensation constituent un frein à une transition vers une sociétés plus durable. Ils permettent de légitimer des projets controversés et d'isoler ceux qui s'y opposent.
Ces mécanismes s'inscrivent d'ailleurs dans une même logique qui consiste à donner un prix à la nature sans se poser la question de sa « valeur ». La nature a peut être un prix mais elle a surtout une valeur d'autant plus inestimable, que certaines populations en dépendent directement pour vivre. Mettre un prix à la nature c'est exclure ceux qui ne peuvent pas payer et il semblerait bien que les grands oubliés de cette future convention soient les communautés locales et les peuples autochtones, ceux là même qui devraient être en capacité de gérer par eux-mêmes leurs ressources naturelles.


En attendant, d'après les sources officielles, la délégation française se veut optimiste sur l'aboutissement du texte fin octobre à Nagoya.

                Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.



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