
LE PAPILLON MONARQUE
Le Monarque (Danaus Plexippus) insecte lépidoptère de la famille des Nymphalidae, est un papillon migrateur. C'est le plus petit animal migrateur au monde, et parmi les milliers d'insectes existant sur terre, il est le seul à réaliser cette performance. Ce papillon a une longévité exceptionnelle de neuf mois, alors que les autres papillons vivent environ 25 jours.
Des millions de Monarques migrent deux fois par an sur plus de 4000 kms. Ils quittent l'Amérique du Nord pour passer l'hiver au Mexique dans les forêts de sapins sacrés de l'état du Michoacàn, ensuite ils reviendront vers le Nord au printemps. Cette migration du Sud au Nord s'effectue en plusieurs générations, tandis que celle du Nord au Sud en une seule. Ce périple ils l'effectueront en volant à une hauteur de plus de 1 km du sol. Pour conserver toute leur énergie ils utiliseront les courants d'air chauds ascendants. Nous ne verrons migrer ce papillon qu'occasionnellement en Europe aux Açores et au Portugal, et très exceptionnellement en France en Irlande et en Grande-Bretagne.
Les chenilles du Monarque ne consomment que des feuilles d'asclépiade commune (Asclépias Syriaca) connue aussi sous le nom de langue de vache. Elle pousse dans les jardins, sur le bord des routes et des autoroutes, ainsi que dans les terrains vagues abandonnés. Le fait de pondre ses œufs sur les feuilles de cette espèce végétale n'est pas anodin. En fait les chenilles qui consommeront les asclépiades deviendront toxiques, rendant ainsi le futur papillon toxique lui aussi. Ensuite sa couleur vive avertira ses prédateurs qu'il est non comestible et vénéneux. La chenille de ce papillon est aussi de couleur vive, et de ce fait, elle est aussi protégée. En Amérique du Nord, il y a 108 espèces d'asclépiades, mais les Monarques ne posent leurs œufs que sur 27 variétés, qui apportent défenses et énergie obligatoire pour leur longue migration.
Les générations de papillons se succédant au cours des périodes de migrations, les scientifiques devront comprendre, comment ils s'y prennent pour trouver les endroits pour hiverner et pour se reproduire sans jamais les avoir vus.
Mais cette espèce comme tant d'autres risque de disparaître, car beaucoup de menaces la guette. A commencer par les désherbants, utilisés pour éradiquer. L'asclépiade considérée comme une mauvaise herbe. Ensuite, même si cette théorie a été controversée, les OGM de type Bt seraient mortels pour le Monarque. Les pesticides toxiques pour toutes les espèces, l'agriculture industrielle, et les prairies transformées en monoculture sont autant des facteurs aggravants.
Il faut évoquer aussi les coupes illégales du bois. L'érosion des sols, ainsi que les catastrophes naturelles périodiques qui se produisent dans les sites d'hivernages et qui peuvent engendrer jusqu'à 90% de pertes dans certaines colonies pendant les tempêtes d'hiver, comme en 2002.
La protection du Papillon Monarque ne se fera qu'en éradiquant la coupe illégale du bois, mais aussi en proposant une autre source de revenus aux exploitants du bois. Une lueur d'espoir réside en la protection des aires d'hivernage du Monarque comme la Réserve de biosphère, site inscrit au Patrimoine Mondial de l'humanité de l'Unesco. Au Nord des mesures ont été prises comme préserver les aires où pousse l'asclépiade, et suivre le long périple des papillons dans leur migration.
Mais il ne faut pas perdre de vue que la situation du Papillon Monarque est précaire et reste préoccupante.
Marine Revenusso, pour la Rédaction.