Parmi elles, seules 17 font l'objet d'études approfondies, du fait de leur forte toxicité . Premier constat : ces molécules sont particulièrement stables d'un point de vue chimique et sont peu biodégradables. Seule l'action de fortes températures parvient à les détruire. Lipophiles, elles s'accumulent dans les graisses et sont peu dispersées par les eaux de ruissellement. Elles s'accumulent donc dans les premières couches des sols et contaminent la chaîne alimentaire. Les incinérateurs sont montrés du doigt depuis de nombreuses années, mais en fait, toutes les activités industrielles mettant en jeu des processus de combustion dans lesquels se trouve du chlore produisent des dioxines. Métallurgie, sidérurgie, cimenterie, mais aussi toute combustion de bois ou de charbon, blanchiment de pâte à papier, production de composés chlorés comme les pesticides, moteur thermique ou combustion d'une cigarette concourent à émettre dans l'atmosphère ces produits cancérigènes. Mis en accusation par les associations anti-incinérateur, ces structures ont pourtant fait d'immenses progrès en 15 ans. En effet, leurs rejets étaient divisés par 10 entre 1995 et 2003, alors que dans le même temps, les émissions toutes sources confondues étant réduites seulement au quart . Les installations actuelles n'ont heureusement plus rien à voir avec celles qui ont pendant des décennies contaminées les sols alentours, exploitées souvent en surcapacité. Incinérateur à l'abandon à Florac (48) Emportées par les vents ou retombant autour des exploitations émettrices, les dioxines restent en surface et contaminent la chaîne alimentaire par l'alimentation animale. En effet, les pâturages et le foin étant souillés, les dioxines s'accumulent dans les graisses des ruminants ou sont éliminées par leur lait. |

Les produits laitiers sont de ce fait la source principale de contamination humaine , l'ensemble des aliments gras issus de la production animale comme certains poissons gras participant à cette accumulation en fin de chaîne alimentaire. Par contre, les fruits et légumes, correctement lavés et pelés, sont peu contaminants, comme le miel ou même l'eau . Quelles sont les normes et réglementations en la matière ? Un arrêté fixe depuis 1991 aux établissements concernés des conditions de moyens pour limiter les émissions de dioxines, mais toutefois sans obligations de résultats. Cependant, ce texte a entraîné une forte diminution des rejets de dioxines. Par anticipation à une évolution de la réglementation européenne, une circulaire fixa le 24 février 1997 la valeur limite des rejets à 0,1 ng/m3 pour les nouvelles installations. Le 4 décembre 2000, une directive européenne reprenait en effet cette valeur. Une valeur que l'ensemble des usines d'incinération devait respecter au 28 décembre 2005. Cette valeur est considérée, en l'état actuel des connaissances, comme n'ayant qu'un impact très faible. Des études ont montré qu'autour des usines respectant cette norme, les teneurs en dioxines sont comparables à celles relevées en l'absence d'installations . Il semble que l'évolution de la réglementation, et à condition qu'elle soit respectée par les gestionnaires des incinérateurs, apporte une réponse satisfaisante aux interrogations que posent les riverains de ces installations. Mais il reste à évaluer l'impact de trente ans d'absence de règles et de sous-estimation des risques, car par leur persistance et leur bio-accumulation, les dioxines n'ont certainement pas fini de faire parler d'elles . Photos : O. FRIGOUT - Florac (Lozère) olivier, pour la Rédaction. |