
2010 a été décrété année de la biodiversité au niveau international. Le but de cette opération est de sensibiliser le public, mais aussi les gouvernements aux risques que pourrait encourir l'humanité si l'exctinction des espèces continue à ce rythme. Malheureusement, au même titre de la journée de la courtoisie au volant, on ne voit guère les effets concrets que pourrait avoir cette année de la biodiversité, ce qui est d'autant plus dommage que la situation est de plus en plus catastrophique aux quatre coins du globe.
Si le grand public entend de plus en plus parler de protection de l'environnement et que les opérations et discours de sensibilisation se multiplient, il faut bien avouer que ces questions ne sont que rarement au coeur des préoccupations de tout un chacun. Pourtant, la situation est grave, très grave même. Conscients de cet état de fait, de nombreux scientifiques de renom tentent par tous les moyens de tirer la sonnette d'alarme et c'est exactement ce que viennent de faire une soixante de scientifiques français en adressant un appel pour la biodiversité au président de la République Française, Nicolas Sarkozy.
Parmi les principaux signataires de ce texte, figure Gilles Boeuf, le président du Muséum national d'histoire naturelle. Celui-ci est particulièrement inquiet quant au processus actuel de disparition des espèces et il faut bien avouer que rien n'incite à l'optimisme. Les chiffres sont en effet terribles. Grâce aux recherches des paléontologues, on sait qu'environ une espèce sur 1 000 disparaît tous les 1 000 ans de façon naturelle. Aujourd'hui, une espèce sur 1 000 disparaît tous les ans, comme ont pu disparaître le tigre de Tasmanie (photo ci-dessous) ou le dodo (photo ci-dessus). Si rien n'est fait pour enrayer cette tendance, le rythme d'extinction pourrait devenir 10 000 fois plus rapide que le rythme naturel habituel. Les conséquences seraient pour le moins dramatiques, puisque la moitié des espèces vivantes pourraient avoir disparu à la fin du siècle.

Réchauffement climatique, déforestation, pollution des sols et des eaux, destruction anarchique des stocks, notamment en ce qui concerne le milieu marin, urbanisation, hausse de la démographie, autant de facteurs qui affectent la nature et qui nous mènent droit à la catastrophe. Il faut en effet savoir que la disparition des espèces ne sera pas sans conséquences pour l'homme et que c'est même notre porte monnaie qui pourrait rapidement en faire les frais. Le coût de la pollinisation des plantes à la place des insectes est ainsi évalué à 250 millliards d'euros par an et il ne s'agit que d'un exemple parmi d'autres.
Il faudrait bien qu'un jour, avant qu'il ne soit définitivement trop tard, les industriels et les hommes politiques de notre planète se rendent compte que le danger ne pèse pas que sur les épaules des générations futures, mais bien sur les notres. C'est afin d'alerter le président de la République que cet appel pour la biodiversité a été transmis à Nicolas Sarkozy. Reste à savoir si c'est le Nicolas Sarkozy de la campagne électorale, chantre de l'écologie et initiateur du Grenelle de l'environnement qui écoutera cet appel, ou si c'est celui qui, lors du dernier Salon de l'agriculuture, déclarait au cours d'une table ronde "L'environnement, ça commence à bien faire".
Vincent Armillon, pour la Rédaction.