
Allez, on s'arrête 3 minutes et on fait un saut dans le futur.
L'avion sera alors une pièce de musée ou presque. Et dans le ciel flotteront des nuées de dirigeables qui transporteront indifféremment, des fruits et légumes, des voitures, des container....
Ce futur il pourrait être dans une vingtaine ou une trentaine d'années, à condition que les études actuelles sur le dirigeables se concrétisent.
Eh oui! Ce gros ballon pourrait faire son retour en grâce. Son principe est simple: une toile gonflée à l'hélium ou l'hydrogène, des gaz moins lourds que l'air qui permettent de flotter dans les airs.
Objet volant convoité au début du XXe siècle, l'aéronef s'est vu voler la vedette par l'avion à la fin de la seconde guerre mondiale. Il faut dire que la catastrophe de l'Hindenburg... un Zeppelin Allemand qui a pris feu à son atterrissage aux Etats-Unis en 1937... cet accident donc, avait un peu refroidi les partisans du tout ballon.
70 ans après les études se multiplient pour déterminer si l'exploitation d'un aéronef nouvelle génération serait envisageable et rentable.
La plus récente est celle du cabinet Ernst & Young, commandée par la Région Île de France l'an dernier.
L'enjeu est clair: le prix du carburant va augmenter, l'impact écologique de l'avion est immense et les 2 aéroports internationaux de la région parisienne seront bientôt saturés... dans ce contexte, peut-on envisager de développer un moyen de transport alternatif, écologique et sûr. Le
DGP, dirigeable gros porteur par exemple.
Dans un premier temps, ce projet ne concerne que le transport de marchandises mais on peut très bien imaginer qu'à terme, les voyageurs reviennent à ce moyen de transport.
Dans son rapport, le cabinet de conseil pointe les nombreux avantages du DGP:
faible consommation de carburant pour sa propulsion,
possibilité de transporter de lourdes charges (jusqu'à 250 tonnes dans les meilleures prévisions),
une efficacité énergétique jusqu'à 6 fois supérieure à celle des avions cargo...
Mais tout cela n'est en encore qu'hypothétique.
Et il reste
un bon lot d'incertitudes à commencer par la résistances des ballons aux aléas climatiques. Le temps déjà plus long qu'avec les avions pourraient être encore allongé en cas de vents contraire ou de tempêtes.
Quid aussi de l'exploitation à grande échelle des gaz comme l'hélium ou l'hydrogène et de son impact sur l'atmosphère?
La conclusion d'Ernst & Young est pour le moins énigmatique: Plus avantageux que l'avion, le DGP ne pourrait pas concurrencer les camions ou le train sur des distances courtes. Restent les distances longues mais sur les longs trajets, la différence avec l'avion est réduite.
Dans ce cas, le mythe du dirigeable se dégonfle.
Pourtant, Boeing a déjà franchi le pas. L'avionneur américain s'est allié avec le canadien Sky Hook pour un projet de dirigeable de transport. Le
Jess Heavy lifter pourrait voir le jour en 2012. Transportant jusqu'à 40 tonnes il serait particulièrement adapté pour approvisionner les régions difficiles d'accès au Canada ou en Alaska.
En France, un autre projet est à l'étude par une équipe d'étudiants ingénieur.
Depuis le mois de septembre, ils travaillent sur un projet de dirigeable propre qui fonctionnera à l'énergie solaire.
Le
Sol'R devrait faire son baptême de l'air d'ici peu et s'il fait ses preuves serait une véritable avancée dans le monde du transport aérien.
Article sur le dirigeable
Etude Ernst & Young
Projet Sol'R
Grégory LESCA, pour la Rédaction.