Cela devient une habitude !… La France risque de connaître un été difficile sur le plan des ressources en eau… Vous l'aurez remarqué, cet automne, ainsi que cet hiver, auront été des plus cléments. Le ciel nous a épargné, ce qui peut être relativement agréable sur certains points… Mais le résultat est que nous nous préparons à connaître des désagréments rapidement. |
Depuis 2003, nous traversons régulièrement des périodes de sécheresse plus ou moins importantes. L'année 2007 devrait être difficile selon le Ministère de l'Ecologie qui a constaté que les nappes d'eau souterraines commençaient à souffrir du cumul de ces sécheresses. Ces nappes, utiles pour irriguer les cultures au printemps et en été, se rechargent principalement entre les mois de septembre et de mars, grâce à ce que l'on appelle les pluies efficaces, c'est à dire les pluies suffisamment importantes pour pénétrer dans le sol et alimenter les nappes et cours d'eau pendant les mois d'automne et d'hiver, lorsque la végétation est au repos… Or, il n'a pas assez plu ces derniers mois pour assurer correctement la recharge de ces nappes phréatiques. L'inquiétude est donc de mise autour du bassin parisien, de la nappe de Champigny, de la Beauce ainsi qu'autour de Lyon… Le niveau de pluviométrie depuis septembre se situe en dessous de la normale. Selon le ministère, fin janvier, le déficit en pluies efficaces était de plus de 70 % sur la moitié de la France. Les précipitations ont été assez rares sur une zone allant des Pays de la Loire à la Picardie. Mais c'est sur une bonne moitié sud de la France que le déficit est très marqué, en particulier en Languedoc Roussillon, sur le sud de Midi Pyrénnées et en Corse. La faiblesse des chutes de neige de cet hiver est aussi un facteur aggravant… Le manteau neigeux en montagne est très utile pour alimenter les cours d'eau au printemps lors de la fonte des neiges… Faibles précipitations et douceur de l'hiver amènent donc à comparer la situation actuelle à celle de 2005. Quelques tensions apparaissent déjà. La navigation sur la Canal du Midi est interrompue jusqu'à la fin Mars. Des limitations des usages de l'eau sont en cours. Le Préfet du département de Seine et Marne, par exemple, a pris un arrêté de restriction sur la nappe de Champigny. |

184 communes sont concernées. En Haute Garonne, la situation est d'ores et déjà préoccupante. Quelques collectivités commencent à rencontrer des difficultés pour l'alimentation en eau potable. Et comme l'an dernier, la faune aquatique sera très exposée à cette pénurie. Les poissons risquent fort de souffrir de l'appauvrissement du débit des cours d'eau, ce qui devrait perturber leur reproduction. Au-delà des mesures d'urgence prises par les Préfets, c'est le Plan de Gestion de la Rareté de l'Eau qui doit faire face sur le long terme à ce genre de situation. Ainsi, un travail est fait en direction des agriculteurs pour qu'ils produisent des cultures plus économes en eau. Les gestionnaires de golfs sont aussi sollicités afin qu'ils réduisent leurs consommations. Des campagnes de communication autour des économies d'eau sont faites en direction de tous les acteurs de l'eau, professionnels et usagers. A noter également une campagne de recherche pour réduire les volumes d'eau affectés à l'irrigation. Enfin, Nelly Olin, le Ministre de l'Ecologie, a souligné que bien évidemment, la France n'était pas toute seule à subir ces périodes difficiles et que c'est l'Europe toute entière qui doit prendre des mesures collectives pour assurer la pérennité des réserves hydriques. La commission européenne devrait d'ailleurs rendre compte d'ici à l'été de l'initiative menée en ce sens par la France, l'Espagne et l'Italie.
LE DOSSIER SECHERESSE DU MINISTERE DE L’ECOLOGIE philippe, pour la Rédaction. |