Pouvons-nous imaginer un instant un Monde sans Girafe ? Et pourtant, cet animal si extraordinaire est en voie d'extinction, menacé comme bon nombre d'espèce sur le sol africain ou ailleurs. Un animal attachant, qui, par l'image placide qu'il renvoie, est synonyme de douceur et tranquillité dans l'inconscient collectif. Mais une image surfaite et loin de la réalité, la girafe étant l'un des animaux les plus étonnants que la vie, l'évolution ai proposé aux naturalistes et autres passionnés de nature.
Jean-Louis Hartenberger, paléontologue, s'emploie à nous décrire la girafe sous toutes ses coutures, et je ne parle pas de taxidermie, lors d'un voyage dans le temps et l'espace, une démarche méthodique qui couvre tous les secteurs de la science, de la biologie à l'éthologie, de la paléontologie à l'histoire et à l'écologie, au travers de la description des relations et des incidences de l'Homme sur cette espèce.
« Grandeurs et décadences de la Girafe », qu'il publie aux
Editions Belin, est non seulement un recueil des connaissances les plus modernes sur cet animal magnifique, mais aussi un vibrant plaidoyer qui touchera les amoureux des Girafes et de la nature, un texte écrit avec talent, conviction et humour, et finalement, beaucoup de tendresse.
Revenons un instant à l'auteur : paléontologue, je vous le disais,
Jean-Louis Hartenberger a été directeur de recherche au CNRS, où il a étudié l'évolution des mammifères au sein de
l'Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier. Et cette situation géographique est la cause de la surprise qui m'attendait lorsque, à peine reçu un exemplaire en service presse de cet ouvrage, je l'ouvrais au hasard et tombais sur une anecdote qui me laissait sans voix. Elle raconte comment
Jean-Louis Hartenberger, ses collègues et l'aide d'un certain
Louis Thaler, ont sauvé du mépris des dirigeants de
l'Université des Sciences et Technique de Montpellier, les ossements d'une girafe voués à une fin peu glorieuse. Je n'ai jamais vu ce spécimen mais l'évocation de l'université ou j'ai fait mes études et de
Louis Thaler, professeur d'Université, évolutionniste reconnu et visionnaire, disparu tragiquement il y a 8 ans, m'ont fait comprendre que je tenais entre les mains un ouvrage, certes de vulgarisation scientifique,
mais personnel, passionné et donc, passionnant. Venue des contreforts de l'Himalaya pour peupler l'Afrique il y a 5 millions d'années, la Girafe ne s'attendait pas à rencontrer, ou être suivie comme se plaît à l'imaginer l'auteur, par une humanité avide de territoires, au point que le sien se réduirait inexorablement à peau de chagrin, la conduisant à tirer un jour ou l'autre sa révérence. Et pourtant, nulle espèce n'est inutile et encore moins nuisible, et la fin de la Girafe est le commencement d'une période d'incertitude, tant cette espèce participe à l'équilibre des savanes où l'acacia joue un rôle central.
224 pages de plaisir, de savoirs et d'anecdotes, qui se terminent par l'évocation de grands noms de la science et de la littérature, ayant eu une considération non démentie pour les girafes.
« Grandeurs et décadences de la Girafe », de Jean-Louis Hartenberger, aux Editions BELIN, est disponible dans les meilleures librairies. En savoir plus
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.