Est-il raisonnable de vouloir faire baisser de 2 degrés la température de la terre ? Non! Peut-on réellement faire baisser de 2 degrés le réchauffement de la planète ? Rien n'est moins sûr, et ce en dépit des efforts que les états semblent (enfin) vouloir faire pour réduire les effets de la montée de nos émissions de carbone, et donc de la température... En tout cas d'après un sondage de, « The Guardian », réalisé auprès de spécialistes, dans la lignée de la conférence scientifique qui s'est déroulée le mois dernier à Copenhague, près de
neuf scientifiques du climat sur dix n'y croient pas. La hausse moyenne serait
plutôt de 4 à 5 degrés d'ici la fin du siècle. Quel serait alors l'état du monde si la menace n'avait pas été assez prise au sérieux ? Désorganisation de l'approvisionnement en alimentation et en eau, disparition de milliers d'espèces de plantes et d'animaux et augmentation très importante du niveau des mers avec inondations des habitations pour des centaines de millions de personnes.
Pour la communauté scientifique, « Continuer à mettre l'accent sur la cible irréaliste des 2 degrés pourrait à terme compromettre les efforts indispensables pour s'adapter aux inévitables hausses de température au delà de cette valeur dans les décennies à venir »…
Ne nous voilons plus la face sans pour autant faire du pessimisme primaire, «
le réchauffement climatique pourrait frapper plus fort et plus rapidement que prévu ».
Dans cette même enquête en effet, 60% des répondants ont estimé qu'en théorie il était encore techniquement et économiquement possible d'atteindre cet objectif, quand 39% déclaraient que la cible des 2 degrés était quoi que l'on fasse, « impossible à atteindre ». La température moyenne a déjà augmenté d'environ 0,8 degrés, et une élévation supplémentaire de l'ordre de 0,5 degrés est certes inévitable au cours des prochaines décennies, compte tenu des émissions de gaz à effet de serre qui ont déjà eu lieu, c'est un peu le
point de non retour.
Rendez vous lors de l'important sommet qui se tiendra à Copenhague en décembre pour au moins tenter de se mettre d'accord sur la rédaction d'un traité faisant suite au protocole de Kyoto, afin que la plupart des réductions des émissions de carbone proposées pour les pays riches se basent tout de même sur cette valeur, même si la communauté internationale devrait plus raisonnablement concentrer ses efforts sur la cible des 4 degrés.
Interrogés pour savoir quelle élévation de température leur semblait la plus probable, 46% des répondants ont considéré que cette « température test » atteindrait
3 à 4 degrés d'ici la fin du siècle De fait, de nombreux experts ont souligné que
« l'incapacité à atteindre la cible des 2 degrés ne signifiait pas que les efforts visant à lutter contre le réchauffement de la planète en ce sens devaient être abandonnés, mais que l'accent devrait être mis désormais sur la limitation des dommages induits.
Source : The Guardian Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.