
En sept points, je vous présente la «
Capitale des grands vins blancs de Bourgogne » :
- l'église Saint-Nicolas : sa flèche, «
fine aiguille dentelée », haute de plus de 50 mètres se voit à des kilomètres à la ronde. Dans le chevet, on découvre une petite ouverture (occulus eucharistique) permettant aux lépreux d'assister aux offices depuis l'extérieur.
Dans «
Meursault autrefois », je lis que cette petite lucarne «
permettait aux passants lorsque l'église était fermée, d'adorer l'Eucharistie. »
Les deux versions doivent probablement être exactes.
L'ancien coq du clocher remplacé en 1989 par souscription volontaire se voit dans un «
enclos », alors que Notre Dame de Meursault, une statue en pierre polychromée du XVe siècle, fut sauvée de la rage révolutionnaire quand les habitants la coiffèrent d'un bonnet phrygien ! Les membres de l'Académie de Dijon qui «
auscultèrent » cette œuvre constatèrent que la Vierge avait deux aspects selon l'angle sous lequel on la regarde : doux et agréable de face, triste et douloureux de profil ;
- l'Hôtel de Ville : ancien château du XIVe siècle, c'est ici que furent tournées des scènes de «
La Grande Vadrouille » de Gérard Oury avec Louis de Funès et Bourvil. Le toit de tuiles vernissées est typique de la région (photo Google);
- le Château de Cîteaux : en 1098, les moines de Cîteaux cultivèrent la vigne à Meursault. Si le château actuel date du XIXe siècle, ses caves sont celles du XIIe ;
- le Château de La Velle : date du XIIIe siècle. Sur un mur donnant sur la rue de la Velle, on voit une représentation de Janus. Le dieu romain, gardien des Portes, avait reçu de Saturne le don «
de ne pas oublier le passé et de lire dans l'avenir » ;
- le Château de Meursault : son origine remonte au XIe siècle ;
- la Léproserie : fondée en 1142, elle se situe en dehors du village, sur la route de Dijon. Il en reste la chapelle et la grande salle des pauvres ;
- Allégorie de la Vigne et du Vin : charmante statue contemporaine représentant la Vigne et les quatre saisons.
J'en reviens à «
La Grande Vadrouille » (1966), car, lors d'un reportage effectué pour un magazine, j'ai eu le privilège d'être guidé par le maire de Meursault jusqu'à l'entrepôt qui abrite la célèbre voiture des pompiers présente dans le film et de m'y laisser raconter quelques anecdotes (aujourd'hui, on dit «
coulisses », ça fait plus secret ou insolite) dudit film :
- l'assistant de Gérard Oury a parcouru quelque 5.000 kilomètres en voiture et en avion avant de porter son dévolu sur Meursault pour deux raisons : seul village bourguignon aussi typique ayant une grande place devant la mairie, ce qui était indispensable pour le tournage, et coup de foudre pour le camion de pompiers local, un Renault 1906. Aujourd'hui, cette «
antiquité » est encore utilisée pour des festivités ;
- l'hôtel de ville a vraiment failli brûler, car la réalité dépassant la fiction, des bottes de paille allumées embrasèrent une porte en bois de ladite mairie ! ;
- le fameux Hôtel du Globe et les Arcades où se déroulèrent plusieurs scènes du film, ne se situent pas à Meursault (tout comme les scènes filmées à l'intérieur de la l'hôtel de ville qui le furent en studio à Paris) mais à Noyers sur Serein, à mi-chemin entre Chablis et Vézelay, un extraordinaire village médiéval baptisé «
Noyers la Magicienne », considéré comme l'un des plus beaux villages de France.
Pierre Guelff, auteur des deux tomes « France mystérieuse, insolite et sacrée » (Editions Jourdan).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.