
La scène se passe en 2050. Vous êtes en vacances et vous vous réveillez après un longue grasse matinée. Par la fenêtre vous regardez la vue imprenable: la Terre est là tout bleue et l'espace autour de vous.
Une image irréelle? Peut-être pas. Le tourisme spatial existe bel et bien et est amené à se développer.
Depuis 2001, 7 touristes ont fait le voyage dans les étoiles. Le dernier en date, c'est le Canadien Guy Laliberté revenu sur Terre au début du mois.
Le point commun entre ces voyageurs: leur fortune. Le voyage dans l'espace coûte entre 20 et 30 millions de dollars (soit entre 13 et 20 millions d'euros).
Space Adventures qui propose ces séjours envisage pourtant de développer ces vols.
Selon la compagnie chacun peut devenir un spatio-touriste du moment qu'il paie et qu'il est en bonne condition physique. Comptez tout de même un entraînement de 6 mois à base de centrifugeuses et de tests plutôt... renversants.
Si vous êtes très riches mais pas millionnaires, vous pouvez vous tourner vers le vol
sub-orbital. Un trajet d'une heure et demi environ à 100km d'altitude, au delà de l'atmosphère. Suffisant pour voire la planète bleue dans toute sa rondeur.
Ces vols n'existent pas encore mais quelques sociétés se sont déjà positionnées sur ce créneaux. L'européen
EADS Astrium, le britannique
Virgin Galactic, du milliardaire aventurier Richard Branson, ou encore l'américain
Rocketplane.
Désormais donc la conquête spatiale n'est plus un domaine réservé aux seules agences d'Etats. Les sociétés privées ont fait leur entrée sur le marché.
Tout est parti du
Ansari X prize. Une récompense de 10 millions de dollars destinée à développer la conquête de l'espace pour le public. Le prix a été remis en 2004 au SpaceshipOne de Scaled Composites.
Le SpaceShipTwo et son porteur le WhiteKnightTwo de Virgin Galactic Depuis chacun peaufine sa technique. Virgin mise sur un vol en deux temps. Un avion propulsé à haute altitude grâce à un avion porteur. Il redescendra ensuite en planant.
Chez EADS, on parle d'un jet classique doté d'un moteur de fusée. Ces engins devraient pouvoir emmener une dizaine de personnes à leur bord.
Le coût, lui, est proportionnel à l'altitude entre 150.000 et 200 000 euros.
Fin juillet, Richard Branson a déjà testé une version de son avion
SpaceshipTwo et de son porteur le WhiteKnight Two avec succès.
Pour le constructeur européen un premier vol est envisageable à l'horizon 2016 mais avant cela il faut trouver des investisseurs. Et ensuite un voyagiste pour exploiter ces séjours.
Est-ce qu'on nage en pleine science fiction ou est-ce que ces projets verront vraiment le jour? Difficile à dire.
Tout cela a un coût qu'il faut financer par des fonds privés. Et à l'heure actuelle les investisseurs n'ont pas trop la tête à faire des plans sur la comète.
La question est plutôt de savoir si un tourisme spatial à grande échelle est souhaitable.
Imaginez la construction d'aéroports spéciaux, les tonnes de carburants englouties, les risques engendrés par ces techniques et bien sûr les problèmes environnementaux.
A l'heure où l'on parle d'un tourisme plus humain, plus proportionné, l'engouement pour une telle entreprise semble aller à contre courant.
Chez EADS Astrium on affiche un optimisme sans faille: un vol sub-orbital consommera autant de carburant qu'un vol commercial classique et d'ici la mise en vente de ces voyages, dit-on, la recherche aura trouvé des carburants propres. A voir...
Les associations de protection de l'environnement, n'ont pas d'avis sur la question. Un peu comme si le problème leur passait au-dessus de la tête.
Légende:
Le projet de jet avec moteur de fusée d'EADS Astrium Crédits images: http://www.marc-newson.com/ et http://www.virgingalactic.com
Tourisme spatial
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Ansari X prize
Grégory LESCA, pour la Rédaction.