Et le terme de symbolique est peut-être plus approprié que l'on pourrait le croire, car si l'on se penche sur les listes des produits autorisés en France, on est assez surpris. Prenons le cas du Gaucho. La victoire des apiculteurs il y a bientôt 4 ans avec le retrait de ce neurotoxique de l'arsenal agricole a trouvé un écho médiatique sans précédent. Mais l'Imidaclopride, le principe actif de cet insecticide a-t-il pour autant disparu ? Bien évidemment non ! On le retrouve dans de nombreuses autres formulations, utilisées sur la betterave, le blé, l'orge, mais plus surprenant encore en usage aérien sur de nombreux fruitiers comme l'abricotier, le pêcher, le pommier ou encore le prunier. Retrait d'un produit ne veut pas dire interdiction de la molécule. Ce qui est restreint, c'est la façon de s'en servir. Et lorsqu'un marché est inoccupé, ce qui était le cas du traitement du maïs et du tournesol, les firmes phytosanitaires ne tardent pas à l'investir. La réponse est venue de chez Syngenta qui propose dorénavant aux agriculteurs une nouvelle molécule, le thiamethoxam, sous le nom générique de Cruiser. Et les autorités de valider sa commercialisation, cette molécule ne présentant à priori aucun risque pour les abeilles en particulier. Le tiamethoxam est un neurotoxique, comme l'était le Gaucho, un neurotoxique agoniste de l'Acétylcholine, exactement comme le Gaucho. D'un point de vue neurologique, il est difficile de faire la différence, et la réaction des apiculteurs est compréhensible. Le Cruiser autorisé, il ne reste plus qu'à attendre pour voir si ce que l'on peut craindre se produit, à savoir un nouvel effondrement des ruches. |

L'Italie, où le Cruiser est déjà utilisé par les agriculteurs, semble en faire déjà les frais. Mais en France, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a récemment exonéré le Regent et le Gaucho et mis en cause certains parasites. Alors faut-il incriminer les pesticides ? Selon, Joe Cummins, professeur à l'université d'Ontario, c'est une combinaison de plusieurs facteurs qui serait responsable de l'hécatombe. Même en enrobage, le neurotoxique atteint les abeilles, affaiblit leur système immunitaire et les expose ainsi aux différents parasites incriminés par l'AFSAA. Et comble d'ironie, il pourrait s'agir d'agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures. Rien n'est simple dans le monde vivant, surtout si l'Homme complique l'équation. Un retour à une agriculture plus raisonnable et respectant les cycles naturels reste la meilleure option, 80% des espèces végétales ne pouvant être pollinisés sans l'aide des abeilles. Photo : © Olivier FRIGOUT, tous droits réservés. Sources : La mort des abeilles met la planète en danger. Liste des phytosanitaires autorisés/interdits en France olivier, pour la Rédaction. |