Dès 1906 ont été décrits des cas de fibroses pulmonaires liées à l'amiante. Il aura fallu attendre 90 ans pour que cette fibre aux caractéristiques exceptionnelles soit enfin interdite. Un siècle plus tard, une technologie d'avant-garde inquiète les toxicologues, et il semble que la catastrophe humaine qu'a produit l'utilisation intensive de l'amiante soit en train de se répéter, avec les nanoparticules et les nanofibres . |
Ces matériaux, comme leur nom l'indique, sont minuscules : moins de 100 nanomètres , soit 0,1 micron. Ces particules ultrafines sont en pleine explosion industrielle. Particulièrement utilisées dans la fabrication de composants électroniques, elles se répandent également dans d'autres secteurs, l'habillement, la cosmétique, la fabrication de pneus ou encore dans le secteur médical ou l'agroalimentaire. Leur qualité en fait le danger : ces particules s'insinuent dans l'organisme et s'y accumulent . La porte d'entrée évidente est le système respiratoire. Capables d'atteindre le poumon profond, les nanoparticules passe dans les circuits lymphatiques et sanguins pour finir leur course dans tous les organes et même le cerveau. Ces études qui n'en sont qu'à leurs balbutiements, alertent sur les risques à long terme que pourraient faire peser cette technologie sur la santé. Déjà, la formation de lésions inflammatoires et de fibroses associées à l'accumulation dans les poumons de nanotubes a été mise en évidence . Selon la forme et la composition d'une nanoparticule, des effets biologiques autres que ceux seulement induits par son accumulation physique peuvent se produire et conduire à des pathologies plus grave. Il est trop tôt pour caractériser les incidences de chaque nanoparticule sur la santé. Mais les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérigènes des microparticules de la pollution atmosphérique devraient nous inciter à plus de prudence quant aux nanoparticules. |
Le manque de moyens financiers accordés à la recherche sur les risques pour la santé que représente cette technologie ne va hélas pas dans le sens de la prudence. Or dans ce domaine, tout reste à découvrir. La pression économique que les industriels en pointe dans ce secteur subissent, n'est pas favorable à l'application du principe de précaution qui pourtant devrait prévaloir . Malgré les erreurs du passé et leur coût en vie humaine, on continue à apprendre en faisant, sans garantie de pouvoir revenir en arrière. Comme pour l'amiante, comme pour le plomb dans les carburants, il faudra sans doute attendre les résultats de l'expérimentation grandeur nature menée sur la santé pour accepter qu'une nouvelle technologie puisse recéler un risque .
olivier, pour la Rédaction. |