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De février à mai, attention à la processionnaire du pin.

SCIENCES ET NATURE
Chronique du 28-03-2008

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
Je vais vous parler cette semaine d'un insecte défoliateur : la chenille processionnaire. Un insecte qu'il vaut mieux connaître, surtout lorsque l'on fréquente au printemps les forêts méditerranéennes.
Thaumetopoea pityocampa pour les entomologistes, est connue pour son déplacement caractéristique en file indienne, et pour les cocons blanchâtres qui abritent les jeunes chenilles pendant l'hiver au sommet des pins. Elle l'est aussi pour les propriétés urticantes de ses poils.

C'est un soir d'été que les papillons sortent du sol pour s'accoupler. Les mâles meurent quelques jours après alors que les femelles cherchent un arbre pour pondre. C'est autour de deux aiguilles de pin qu'elles vont déposer 70 à 300 œufs. Elles mourront à leur tour quelques heures après.
Un mois plus tard, les œufs éclosent et les jeunes chenilles tissent un nid de soie très léger, qu'elles transformeront en nid d'hiver à l'automne. Le nid d'hiver, toujours situé au bout d'un rameau exposé à la lumière, a la propriété de capter la lumière proche de l'infrarouge. Regroupées en boule au cœur de l'édifice, les chenilles conservent ainsi la chaleur captée par le nid pendant la journée. La différence de température entre l'extérieur et le nid peut atteindre 15°C.



L'hiver passé, les chenilles devenues adultes vont rejoindre le sol et commencer la procession de nymphose qui durera jusqu'à 6 jours. La chenille de tête, une femelle, se dirige vers une zone à la fois ensoleillée et meuble. Lorsqu'elle l'a trouvée, elle s'arrête et l'ensemble des chenilles de la procession se regroupe, pour s'enfouir entre 5 et 20 centimètres de profondeur, les unes à côté des autres. Si les conditions de température se révèlent inadéquates, elles ressortiront pour s'enterrer un peu plus loin. Leur vie souterraine, sous forme de chrysalides, durera de plusieurs mois à plusieurs années, pour ressortir un soir d'été, sous forme de papillon...



C'est durant la procession que nous allons le plus souvent les rencontrer. Une rencontre qui peut être douloureuse puisque les poils de la chenille sont urticants. Ils provoquent des brûlures cutanées pouvant conduire à un œdème. Il est donc recommandé d'éviter son contact et de porter des gants pour détruire un nid, même vide. Les animaux, comme les chiens et les chevaux, ne sont pas à l'abri. Le contact avec la langue provoque une nécrose qui peut, pour les petits chiens et en absence de soins, conduire à la perte complète de l'organe. Quant aux yeux, ils sont évidemment très sensibles aux poils urticants qui provoquent des atteintes de la cornée, très difficiles à soigner.



La lutte biologique contre la chenille processionnaire peut se faire de différentes façons.
On peut détruire les nids avant que les chenilles ne les quittent, toujours avec beaucoup de précautions.
On peut également attraper les papillons mâles dans des pièges émettant les phéromones de la femelle. Cette méthode est assez facile à mettre en œuvre.
A plus grande échelle, la lutte microbiologique consiste à pulvériser la toxine de la bactérie Bacillus Thuringiensis sur les arbres à traiter. Ingérée avec la feuille, elle va tuer la chenille vorace.
D'autres parasites ou prédateurs sont étudiés comme les éphippigères, prédateurs des œufs, ou encore une espèce de fourmis régulant naturellement les populations de processionnaires du pin.
Les chenilles processionnaires, présentes sur le pourtour méditerranéen et dans les forêts landaises, progressent en altitude à la faveur du réchauffement climatique. L'ensemble des essences de pins mais aussi le cèdre sont colonisés non sans dégâts pour l'arbre. Une invasion qui devient préoccupante et qui, pour le moment, ne semble pas trouver de solutions. L'un des prédateurs les plus efficaces, le coucou, est hélas, en déclin. Encore une preuve qu'aucune espèce n'est inutile, et que toutes jouent un rôle essentiel dans l'équilibre de la biodiversité.

Photographies :

Procession de chenilles : © F. LAMIOT sous licence CC-BY-SA.
Papillon : © Entomart.
Nid & jeune chenille : © Olivier FRIGOUT

Sources :

Dossier INRA
Dynamique des populations de la processionnaire du pin

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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Toutes vos réactions :

David a écrit le 01-04-2007 : Merci pour ce condensé d'informations fort utile à toutes celle et eux qui sont confrontés à ce fléaux. Encore bravo !

thauthau a écrit le 19-11-2010 : Novembre, ca y est les nids contenant des chenilles processionnaires urticantes sont de retour dans les pins et les cèdres jusqu'aux processions de fin d'hiver / début de printemps Inutile de se jeter sur les insecticides chimiques ! Il existe des méthodes tout aussi efficaces et bien plus respectueuses de l'environnement pour éviter les problèmes avec la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). Déjà préventivement on peut éviter de planter des pins noirs (laricio, salzmann, autriche et autres variétés) dans des zones sensibles où les risques de contact avec l'être humain ou les animaux domestiques sont importants. Vous pouvez trouver un calendrier indiquant les différentes méthodes de lutte actuellement disponibles et les périodes auxquelles les mettre en oeuvre : calendrier de lutte indicatif http://www.prodinra.inra.fr/prodinra/pinra/data/2010/11/PROD20105b03ac9_20101109102839134.pdf http://www.prodinra.inra.fr/prodinra/pinra/data/2010/11/PROD20105b03ac9_20101109102934692.pdf guide détaillé : http://www.prodinra.inra.fr/prodinra/pinra/data/2010/01/PROD201055b531df_20100114113940678.pdf Par contre, il existe en France plusieurs espèces de chenilles urticantes à ne pas confondre dont : - le bombyx cul brun qui s'attaque à différentes plantes et qu'on peut rencontrer couramment dans les haies autour des prés, le long des chemins et des routes, en forêt ou dans les vergers ; les chenilles sont présentes dès l'automne mais c'est surtout au printemps qu'on tombe sur les colonies de chenilles urticantes. - la processionnaire du chêne dont les chenilles éclosent au printemps mais c'est surtout en été que les chenilles urticantes posent problème - la processionnaire du pin, dont le cycle varie fortement suivant les régions, et qu'on rencontre sur pins et cèdres (très exceptionnellement sur d'autres conifères), les chenilles se développent de l'été jusqu'au printemps (pour les régions les plus froides) et commencent à être urticantes à l'automne pour être très urticantes lors des processions de printemps (toujours pour les régions les plus froides de son aire). Cette espèce est plus méridionale tandis que la processionnaire du chêne est plus septentrionale. Carte de distribution et limite du front de colonisation de la processionnaire du pin : http://www.orleans.inra.fr/var/orleans/storage/htmlarea/carte%20site%20internet%20URZF%20PP.jpg http://www.orleans.inra.fr/orleans/les_unites/ur_zoologie_forestiere/processionnaire_du_pin http://www.prodinra.inra.fr/prodinra/pinra/data/2010/06/PROD2007af170_20100604115343069.pdf Divers autres sites internet pour s'informer : - Processionnaire du pin http://www.orleans.inra.fr/orleans/les_unites/ur_zoologie_forestiere/processionnaire_du_pin http://www.avignon.inra.fr/les_recherches__1/liste_des_unites/ue_forestiere_mediterraneenne/la_processionnaire_dossier http://www.inra.fr/la_science_et_vous/dossiers_scientifiques/biodiversite/questions_de_recherche/environnement_et_forets/des_forets_protegees_par_la_biodiversite - Bombyx cul brun : http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Le_bombyx_cul_brun_euprchr-2.pdf - Processionnaire du chêne : http://www.nancy.inra.fr/la_science_et_vous/dossiers_scientifiques/insectes_et_forets/la_processionnaire_du_chene http://draaf.lorraine.agriculture.gouv.fr/article.php3?id_article=259 Risques dues aux chenilles urticantes pour chevaux, chiens, chats, bétail et pour les êtres humains : Plusieurs équipes de recherche, dont des médecins et des vétérinaires, travaillent sur ces insectes urticants et les risques pour l'homme et les animaux domestiques : http://www.inra.fr/urticlim/projet_urticlim/partenaires (sur d'autres pages de ce site on peut trouver des photos du type de lésions infligées à des animaux domestiques ou à l'homme)


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