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Je désire être noyé dans un tonneau de vin de Beaune pour que ma mort soit sans effort et bonne. » supplia le duc Georges de Clarence condamné à mort par son frère Edouard IV, roi d'Angleterre, contre qui il avait comploté.
La célébrité du vin de Beaune n'est plus à démontrer. Le blason de la capitale du Bourgogne en fait tout naturellement référence puisque Jésus porté par la Vierge tient dans sa main une grappe de raisin.
Et, la très célèbre manifestation de la «
Vente des Hospices de Beaune » n'a plus beaucoup de secret pour le commun des mortels.
Même si l'Hôtel-Dieu est mondialement connu pour être une splendeur architecturale restée intacte depuis le XVe siècle, l'institution demeure avant tout un hôpital et dispense plus spécialement des soins médicaux à des personnes démunies et accueille, dans des maisons de retraite et le Centre Nicolas Rolin, les personnes âgées dont certaines sont confrontées à une dépendance. Enfin, cette même institution (800 salariés) possède un institut de formation en soins infirmiers, le tout dans la tradition des Sœurs Hospitalières des Hospices de Beaune.
L'éthique de cette institution n'a jamais dérogé à sa mission initiale : secourir et soulager les personnes démunies en proie à la solitude et à la maladie.
J'ai visité à plusieurs reprises les Hospices de Beaune (magnifiques toits polychromes, façades gothiques…, assurément « un joyau de l'architecture médiévale bourguignonne !), et, à chaque fois, l'émotion et le ravissement étaient présents. Paradoxe ou non en ce lieu de souffrances, une sorte d'égrégore éminemment positive me semble se dégager de ces lieux.
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Ô bienheureuse Bourgogne, absolument digne d'être appelée la mère des hommes depuis qu'elle possède un tel lait dans ses mamelles » s'exclama Erasme… en buvant du vin ou en contemplant Beaune, ou les deux ?
La Basilique Notre-Dame (Xe-XIIe siècles) est l'un des plus grands édifices romans de Bourgogne, construit sur le modèle de l'abbatiale de Cluny.
Un peu d'histoire à son sujet…
Entre le Parlement de Bourgogne et le Palais des Ducs, se tassait, petit à petit, la première église de Beaune, Saint-Baudèle, construite au VIIIe siècle. Il y faisait froid, sombre, humide, et l'édifice, devenu trop petit pour les fidèles et pèlerins, fut remplacé par un bâtiment tellement vaste qu'il rappelle donc Cluny.
Sa construction fut réalisée avec des matériaux empruntés au mur du Castrum gallo-romain voisin et autres vestiges, les moines demandant aux tailleurs de pierre de sculpter de nombreux chapiteaux.
Néanmoins, saint Bernard, dont on connaît la volonté d'« épurer » l'architecture et la décoration des édifices religieux, n'apprécia guère celles de Beaune et les chanoines n'eurent pas le choix que de faire arrêter certains travaux. Heureusement, ils maintinrent les chapiteaux (côté droit de la nef) déjà exécutés.
Si maintes œuvres d'art font de cet édifice un véritable musée (animaux musiciens, décors végétaux, Arche de Noé, lapidation de saint Etienne, Vierge en majesté, fresques, tapisseries…), je regrette cependant que la chapelle Saint-Jacques naguère dédiée à la mémoire des Templiers établis à Beaune et où l'on priait l'apôtre, ait été vouée au culte de sainte Thérèse.
De la dévotion originelle, il subsiste un vitrail à la fenestrelle supérieure où l'on peut voir Jacques-le-Majeur et sa célèbre coquille.
Même remarque pour la chapelle Saint-Jean dédiée à saint Jean-Baptiste en souvenir des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, également fixés à Beaune. Le curé d'Ars les remplace, même si un vitrail au-dessus de la voûte rappelle un peu l'origine de cette chapelle…
Pierre Guelff, auteur des deux tomes « France mystérieuse, insolite et sacrée » (Editions Jourdan).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.