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Une pomme oubliée de Jean Anglade-Editions Julliard et Pocket

LITTERATURE SANS FRONTIERES
Chronique du 28-05-2011

Par Pierre GUELFF
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LA CHRONIQUE
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

L'édition originale de « Une pomme oubliée » de Jean Anglade date de 1969 (chez Julliard) et près de quarante années plus tard les Editions Pocket ressortent ce livre. Inutile, donc, de faire un dessin : cet auteur et ce style littéraire (tant décrit par une certaine intelligentsia) font recette !
« Une pomme oubliée » évoque les champs, la vie rurale, les villages (de plus en plus abandonnés en cette moitié de XXe siècle), les sagas familiales…
Dans le présent ouvrage, Jean Anglade raconte l'histoire (à la fin sordide) de Mathilde, une dame âgée qui est restée la seule habitante d'un hameau auvergnat. « Elle veille avec amour sur chaque maison, redonne vie à chaque pierre… »
Alors, au fil des pages, j'ai noté quelques passages qui évoquent cette moitié du siècle dernier où, subrepticement, une étrange petite lucarne remplaça les veillées au coin du feu…

. « Tous les vieux étaient morts. Les jeunes avaient quitté cette terre difficile ; ils étaient allés s'installer dans les villes afin de profiter des Assurances sociales et des Congés payés. Alors, tout doucement, les maisons s'écroulaient, la terre redevenait garenne, broussailles, ronciers, ce qui était sa façon à elle de mourir aussi. (…) Non de gueux, que c'est triste un village sans cris d'enfants, sans rires d'enfants ! »

. « On parla des fauchaisons, de la T.V.A . qui allait prochainement frapper le pays et qui signifiait Tout-va-augmenter, des routes pourries du département. »

. « Les enfants naissent, ils grandissent, ils se cabossent mille fois le front, ils s'arrachent les genoux, les mères leur donnent leur lait, leur pain, leurs jours et leurs nuits. Ensuite, ils s'en vont on ne sait où, emportés par les guerres ou par leur ambition. »

. « Il pleut toujours sur ceux qui sont déjà mouillés, si tu es riche on te donnera, et si tu es misérable on t'enlèvera. »

Et qui, donc, peut encore proférer que le roman de Terroir est un art littéraire mineur après avoir lu ça ?

Pierre Guelff.

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                Pierre GUELFF, pour la Rédaction.



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Guy Didier a écrit le 10-11-2011 : J'approuve pleinement ce que je viens de lire plus haut. Je ne suis pas un intello mais je ne vois pas pourquoi mes goûts seraient plus négligeables que les autres. J'adore lire Jean Anglade. A chaque ouvrage, le découvre des personnages attachants appartenant presque toujours au "petit peuple". Les histoires sont belles, pleines d'enseignement, d'une philosophie de vie trop souvent oubliée, l'humour toujours en embuscade. Il m'est arrivé de croiser des critiques à propos de ses "trop fréquentes et trop longues" digressions. Et bien moi, bizarrement, j'aime. D'ouvrage en ouvrage, mon plaisir ne s'est jamais démenti. Je dois en avoir lu 25 ou 30. Etant aveugle, je regrette de n'avoir accès qu'à ceux que je trouve en édition audio sur CD ou proposés dans quelques bibliothèques sonores à l'intention des déficiants visuels. Fasse la providence, que Jean Anglade nous reste encore très longtemps et qu'il continue de nous faire le cadeau d'un nouveau livre chaque année.

Fournier Jean Pierre a écrit le 17-01-2012 : Mon ami et regretté André VERS m'a fait découvrir en 1969 ce superbe livre extrêmement émouvant. je m'en rappelle comme si c'était hier . Évidemment il fait parti de mes grands coup de cœur et il tient sa place dans ma bibliothèque . Réjouissons que Julliard / Pocket l'ai réédité.


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