
Des
algues microscopiques, mais aussi
une baleine coutumière des eaux du Pacifique, ont fait
leur apparition dans l'Atlantique.
Ces espèces sont parvenues jusqu'à l'océan Atlantique en passant par
l'océan glacial Arctique qui d'année en année est
de moins en moins gelé.
Prenons d'abord l'exemple de cette algue,
la neodenticula seminae.
Voilà 800.000 ans que cette petite algue avait
disparu de l'Atlantique Nord. Mais la fonte de la mer de glace Arctique, encouragée par le réchauffement climatique, a permis à cette algue microscopique du Pacifique d'envahir l'Atlantique.
Elle n'est pas la seule à profiter du
réchauffement de l'océan glacial arctique.
Une baleine grise aperçue en Méditerranée l'année dernière, est sans doute arrivée là à partir du Pacifique, profitant elle aussi de la réduction de la superficie de la banquise estivale autour du pôle Nord.
Ca faisait
300 ans qu'on ne l'avait pas vu dans la région Atlantique au sens large.
Evidemment, ces découvertes intéressent et inquiètent la communauté scientifique.
Remontée vers le nord La baleine grise, photographiée au large de l'Espagne puis d'Israël en mai 2010, aurait traversé l'Arctique en provenance du nord-est du Pacifique.
La dernière invasion d'organismes du Pacifique dans l'Atlantique remonterait, d'après les fossiles étudiés, à deux millions d'années.
Entre autres changements liés aux dérèglements climatiques,d'autres scientifiques ont découvert que de nombreuses espèces remontaient vers des latitudes plus septentrionales dans l'Atlantique. Le nombre d'espèces de poissons en mer du Nord est ainsi passé de 60 à plus de 80 en 20 ans.
En Méditerranée, mer pratiquement fermée, les espèces qui préfèrent des eaux froides ne peuvent aller nulle part. Et de ce fait, d'ici 2060, un tiers des 75 espèces maritimes seront menacées et six auront disparu, estiment les scientifiques.
Et pour mesurer
l'impact de ces changements climatiques,
3 000 flotteurs sont répartis sur tout le globe. Ils sont capables de prendre le pouls des océans : température, salinité.
Il s'agit du
réseau Argo.
Les flotteurs peuvent plonger à 2000 mètres de profondeur. Ils remontent tous les dix jours à la surface, mesurant la température et la salinité de l'océan.
A chaque remontée, ces stations de mesures immergées transmettent leurs données par satellite.
Une trentaine de pays collaborent aujourd'hui à ce réseau. Et bientôt, des flotteurs nouvelle génération vont être construits. Ils pourront plonger jusqu'à 3500 m.
Ils seront beaucoup plus précis et les
données seront
traitées à Brest.
Le changement climatique menace les espèces
Le dispositif Argo
Thanos Psarianos, pour la Rédaction.