
L'Union mondiale pour la nature, l'UICN, vient de rendre son rapport annuel concernant les espèces menacées sur l'ensemble de la planète et autant le dire tout de suite, les conclusions de ce lui-ci sont alarmantes. La situation ne cesse de se dégrader sur l'ensemble des continents et de plus en plus d'animaux et de plantes risquent de purement et simplement disparaître au cours des prochaines décennies, voire des prochaines années en ce qui concerne les plus en danger. Ce fait n'est malheureusement pas nouveau, mais le plus inquiétant est que cette liste rouge publiée par l'UICN ne cesse de s'allonger.
Par rapport à 2006, 188 espèces se sont ajoutées à cette tristement longue liste, soit un total faramineux de 16 306. Un chiffre qui prend toute sa dimension sachant que cette vaste étude, considérée comme l'inventaire mondial le plus complet de l'état de conservation des espèces végétales et animales, porte sur l'analyse de 41 415 types de plantes ou d'animaux. Concrètement, le bilan est lourd. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes évaluées dans la liste rouge de l'UICN sont en péril.
D'ores et déjà, 785 espèces figurant sur la liste ont été déclarées officiellement éteintes, tandis que 65 autres ne vivent plus qu'en captivité ou en culture. Pour ces dernières, il ne reste guère d'espoir, même si certains chercheurs se battent pour envisager un jour une réintroduction au sein du monde sauvage. Pour d'autres, l'espoir demeure, mais il est très fragile. Les grands singes sont ainsi particulièrement visés par la menace d'extinction et en premier lieu les gorilles, victimes tout à la fois du braconnage, de la déforestation et du virus Ebola, ce qui fait tout de même beaucoup pour une seule espèce. Le réchauffement climatique n'arrange rien et provoque de grands dégâts. C'est ainsi que les ours polaires et les coraux, pour ne citer que ceux-ci, sont désormais considérés en danger et pourraient disparaître à court ou moyen terme.
Dans ce triste tableau de l'état de santé de notre planète, la France figure malheureusement à un rang peu enviable. Notre pays apparaît ainsi au quatrième rang des Etats les plus concernés par la perte de diversité dans le monde. Un classement peu honorifique qui s'explique par le fait que la France possède de nombreux territoires d'outre mer situés dans des régions particulièrement touchées par ce phénomène, comme la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie ou la Guyane. La Métropole est également touchée, avec notamment le risque de disparition du vison d'Euope, de certaines espèces de chauve-souris, de l'escargot de Corse, cette courte liste étant malheureusement loin d'être exhaustive.
Dégradation de l'habitat due à la déforestation, à l'agriculture et à l'urbanisation, pollution croissante des milieux naturels et, dernièrement, réchauffement climatique, sont autant de facteurs qui mettent la survie de notre faune et de notre flore en danger. Un chiffre résume à lui seul la catastrophe planétaire qui se prépare, celui du taux d'extinction. Si les estimations diffèrent largement selon les études, il est globalement estimé que celui-ci est de 100 à 1 000 fois plus important que le taux d'extinction naturel qui serait constaté si l'homme n'existait pas. La survie des humains étant intimement liée à celle des autres espèces peuplant notre planète, il devient urgent de réagir pour enrayer ce processus infernal qui pourrait bien un jour causer notre perte.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.